AMPI Marseille les 11/12 octobre 2013

vendredi 10 mai 2013, publié par Michel Balat


FORMATIONS DANS LA PSYCHIATRIE CONTEMPORAINE…

« AUTREMENT QUE SAVOIR »

Travailler dans le champ de la psychiatrie nécessite une réflexion continue sur l’objet même du
travail. Cette « évidence naturelle » semble concerner de moins en moins de monde.
Cette absence de réflexion et la parcellisation des tâches entrainent une perte de sens qui, associée
à l’aggravation des conditions de travail, participe de la souffrance au travail et alimente le
discours de la plainte.

Dans ce contexte, toute difficulté relationnelle ou institutionnelle, est interprétée comme un
manque de connaissance et la solution proposée est une formation ad hoc.
L’ idée de se former ne peut que susciter adhésion mais la lecture des programmes de formation en
psychiatrie, initiale et continue, médicale et paramédicale, refroidit tout éventuel enthousiasme.

Les formations managériales transforment le thérapeute institutionnel en un efficient gestionnaire
d’équipe et la violence institutionnelle trouve sa solution par la découverte des arts martiaux…

Il est dès lors urgent de s’ intéresser aux contenus des formations.

La première urgence est de retrouver le goût de la pensée, forme de savoir que nous rappelle
l’étymologie du mot savoir : « avoir du goût pour… ».
La pensée est notre outil thérapeutique majeur, attaquée à la fois par les projections psychotiques
et le productivisme de la société de consommation.

Savoir évoque connaissances, nécessaire apprentissage de connaissances, les plus larges possibles
comme le préconisait Lucien Bonnafé : « il faut pour les psychiatres, une culture encyclopédique
 ». Théories de tous ordres, neuro-sciences, sciences humaines, disciplines artistiques, culture
générale et surtout ne pas oublier l’épistémologie…
Connaissances sur l’autre et connaissance de l’autre.

« Autrement que savoir » est le titre d’un livre d’Emmanuel Lévinas, penseur de la relation
intersubjective, qui insiste sur l’ importance de l’autre, du visage de l’autre, dans la constitution de
soi.

Cette responsabilité pour autrui engendre un désir de rencontre qui différencie radicalement
accueil, hospitalité, ambiance et protocole d’admission.
Si le projet thérapeutique se déplace de l’abrasement symptomatique à l’organisation de la
rencontre avec l’autre, présentement désigné patient, les soignants devront choisir les formations
qui permettent cet accueil.

Se rendre disponible nécessite un travail sur soi, une réflexion sur la relation à l’autre, des
capacités d’écoute…Chacun trouvera l’outil qui lui convient, les possibilités sont multiples :
approche groupale, psychodrame, atelier artistique…

En cette année où Marseille est capitale de la Culture, citons Antonin Artaud : « je n’ai jamais rien
étudié mais tout vécu et cela m’a apporté quelque chose ».

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