Blog-Tone : Le parti, mardi 25 novembre 2008

mardi 25 novembre 2008, publié par Ian Balat


Le parti

Avec le temps, j’ai appris à modérer mes analyses sur le parti socialiste. Je pensais, honnêtement, après la période jospinienne, que le parti allait éclater ; puis, avec la Royal, qu’une nouvelle génération émergeait. J’ai même cru que le NPA allait pousser le parti à se réformer. Eh bien makach ! A chaque fois, c’est le statu quo, ou alors le compromis mollasse. Le PS s’obstine à ne pas changer. Ce qui à chaque fois en prend un sacré coup, c’est la construction idéologique du parti. Pour que survive sa structure fondamentale (les instances et les hommes) il a fallu enterrer toute possibilité de construire un corpus idéologique, un programme voire toute intention programmatique. Alors que, fondamentalement, le parti socialiste s’est constitué autour de thèses, d’ouvrages, de prises de position intellectuelles, chaque membre du parti qui voulait un tant soit peu progresser dans les instances du parti se devait d’avoir couché sur le papier ses idées. Cette tradition existe encore, mais loin des œuvres de « l’ancien temps », les nouveaux écrits sont de vulgaires auto-hagiographies, occasions d’exhiber son petit trou du cul.

L’échec récent d’un homme comme Bertrand Delanoë me laisse pourtant quelque peu espérer. Comme son prédécesseur au poste de poltron en chef, il a honteusement renoncé au socialisme pour raison de modernitude et progressance. Le libéralisme à 30 centimes qu’il voulait promouvoir à l’intérieur même du parti, s’il a déjà fait pas mal de ravages, ne semble pas convenir à la multitude des adhérents dont tous veulent savoir ce qu’ils pensent sans jamais les écouter. Bien entendus, jamais suivis. Le groupuscule de barons, qui se tiennent par les couilles et les trompes, a réussi, dans un parti de militants, à constituer un parti dans le parti, avec ses harems et obligés, et pense à présent pouvoir se passer d’eux. Tel est l’enjeu de tout ce cirque entre les deux prétendantes : est-il possible d’assurer enfin les instances dirigeantes du parti contre tout risque démocratique ? Mme Royal se donne le beau rôle, mais elle frémit à l’idée que sa place puisse dépendre de la petite multitude. Encore une fois, ça va finir en compromis, en partages des tâches et des places, avec leurs petits avantages afférents. Puisque le PS est certain de ne pas accéder au pouvoir avant longtemps, les chasseurs de maroquins ont placé tous leurs espoirs en lui.

Certains comme Jean-Cul Mélanchon le font en faisant mine d’en partir, d’autres en jouant les réformateurs, quand d’autre se rêve en ultime sauveur. Tout ceci serait très amusant, s’il ne s’agissait que de théâtre. Or, le parti est une des composantes (volens nolens) de notre démocratie, le seul espoir d’une chiée de gens dans la mouise et le seul à pouvoir prendre le pouvoir pour eux. Le cancer dont il souffre ne doit pas être de son seul fait, il a été rendu possible par ses adhérents et militants, mais les métastases viennent de plus loin. Sans trop me tromper je peux dire que je suis aussi responsable de ce qui se passe, parce que j’ai renoncé. Prouvez-moi que j’ai tort, et faites revoter.

2 Messages

  • Blog-Tone : Le parti, mardi 25 novembre 2008 26 novembre 2008 22:16, par Ginette

    Moi j’en pense tout simplement et bien d’autres que moi que ceux qui se disputent le pouvoir pour pendre la tête du parti socialiste....Ils n’ont jamais été socialistes...bien plus capitalistes que certains de l’UMP...Des imposteurs qui ont trouvé à la sortie de l’ENA ou je ne sais quelle école de gens instruits mais non intelligents et surtout inhumains ... une possibilité de faire "carrière" !!!...
    Pour avoir (erreur de jeunesse !!!) fréquenté nombre d’entre eux ...et parfois même accepté d’être leur nègre....je peux vous dire qu’ils se moquent bien des fins de mois de leurs CONtemporains...

    • Blog-Tone : Le parti, mardi 25 novembre 2008 30 novembre 2008 14:40, par Ian

      Le PS, la Section Française de l’Internationale Ouvrière, était un parti de militants. La progression se faisait depuis la base, par la prise de parole, le combat oratoire et parfois le coup de poing. Puis vinrent les lettrés et les hommes de robe, souvent issus de familles modestes et qui avaient pris l’ascenseur républicain. Ensuite se furent les administrateurs formés par Science Po et l’ENA. Ceux-là ont court-circuité ce schéma classique pour accéder directement aux sommets du parti. Et une personne comme Mme Royal a eu à faire un choix vers la fin de ses études à l’ENA : droite ou gauche ; Fabius en fit de même dans des conditions hilarantes. Et si mes souvenirs sont bons, le dernier à avoir pris le chemin classique jusqu’aux sommets de l’Etat, c’était Bérégovoy. Avec le succès que l’on sait.


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