Blog-Tone du 7 juin 2006

Laurent qui ?

dimanche 11 juin 2006, publié par Ian Balat


Laurent qui ?

Je suis affligé. Pourtant je n’attendais pas grand-chose de ce meeting. Mais avoir si peu ! Hier vers 20h30, dans un gymnase du 14ème arrondissement de Paris, les aficionados de Laurent Fabius se réunissaient pour communier ?, c’est un peu excessif, pour voir et entendre leur favori et, le cas échéant, emmener avec eux quelques nouveaux adhérents afin qu’ils adhèrent une nouvelle fois mais cette fois-ci au comité de soutien de Laurent Fabius pour la candidature à la candidature.

Il est arrivé avec un peu de retard. Car ce jour était celui de la constitution du programme du Parti Socialiste pour 2007. Son entrée dans le gymnase ne se fit pas dans la liesse générale, quelques applaudissements, un peu plus nourris dans les premiers rangs, et c’est tout. Le calme vint vite. Le maire du coin prenait alors la parole. Il remerciait les militants et les adhérents venus en nombre, il accueillait M. Fabius et les élus présents par des paroles aimables. Rapidement il évoqua la candidature de l’ancien Premier Ministre en insistant sur l’importance du débat interne etc. Puis il invita l’éminent membre du Bureau National à s’adresser à la foule et aux journalistes, peu nombreux, présents.

Il prit donc la parole non sans avoir soufflé un « c’est à moi ? » un peu étonné. J’attendais d’un homme politique de cette envergure, ou en tout cas avec un tel curriculum vitae, un discours éclatant, plein de finesse, d’élégance, parsemé d’envolées ou que sais-je encore.
Ces premiers mots furent des mots d’excuses pour son retard, le justifiant par le fait qu’il sortait d’une réunion importante. On s’en doutait. Puis il entama le corps de son discours. Une attaque du programme de M. Sarkozy. Normal, le maire de Neuilly étant le candidat « naturel » de la droite. Mais son argumentation était plus que douteuse. Il présentait le programme de la droite en trois mots : précarité, communautarisme et atlantisme. Dit comme ça, c’est un peu dur à comprendre, une fois explicité c’est inaccessible.

Autant le premier terme, je voyais à quoi cela faisait référence, autant les deux autres... Je ne vais pas reprendre la totalité de son discours. Il opposait à ces trois termes son programme : économie solidaire, république et laïcité et Europe et internationalisme. Cela ressemblait à un devoir d’un élève moyen de Science Po. Le pire arriva peu après. Il affirmait qu’il ne fallait pas se battre sur le terrain de la droite (suivez mon regard) mais sur nos principes et nos valeurs (principes et valeurs socialistes supposais-je malicieusement). Après avoir développé longuement une argumentation peu convaincante sur sa réponse au programme de la droite, dire ça, c’est faire preuve d’un sacré culot. Le tout accompagné de moulinets et de petites envolées signalant qu’il fallait applaudir. Mes bras croisés commençaient à s’engourdir.

Bien évidemment, le programme concocté par le Parti était largement inspiré de ses idées, donc il était le mieux placé pour le défendre, donc... Ces derniers mots furent largement applaudis. Commençait alors la série des questions de la salle. Inutile de s’étendre là-dessus. Une pourtant fut pour lui l’occasion de revenir sur son passé, pourquoi il était socialiste, s’il avait changé. Pour un homme repéré par Mitterrand et qui fit toute sa carrière uniquement grâce à lui, l’homme est bien peu charitable. François M. ne fut pas cité une fois.

Je sortais de ce meeting de deux heures un peu fatigué. J’avais écourté ma nuit pour l’écouter. J’attendais un étalon de la politique, j’ai vu une rosse. Après tout, ces meetings ne sont pas inutiles. J’espère pouvoir assister à ceux des autres éléphants. Mais j’ai peur de ce que je vais y voir et entendre. Sitôt adhérent, sitôt détaché.


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