Canet, le 01 mars 2010 : Histoire et Historial, entre Hélène Chaigneau et Howard Zinn

lundi 1er mars 2010, publié par Michel Balat


Histoire et Historial, entre Hélène Chaigneau et Howard Zinn Canet, le 01 03 2010

M. B. : Voilà, nous sommes le 1er mars, le 1er mars 2010. Alors, aujourd’hui je vais vous faire de la lecture, parce que il me semble d’abord que ça me relance, après toutes ces vacances en continu qui hachent un peu la pensée. La continuité du musement n’est plus tellement assurée… Pour moi c’est dur parce que je n’ai plus ce rendez-vous de parole, et ce rythme hebdomadaire. Il y a deux choses en cours. Actuellement, avec quelques potes, nous sommes en train de nous occuper d’Hélène Chaigneau, une amie psychiatre. Une femme absolument extraordinaire, qui a environ quatre vingt dix ans, et nous essayons de publier ses écrits, ou ses paroles écrites, les deux. Hélène Chaigneau est une femme remarquable en tout point, je veux dire qu’elle a une parole inouïe, elle dit des choses ailées, toujours ; c’est remarquable. Un jour, je reçois un mail de Lise Gaignard, qui me dit que ça vaudrait peut-être le coup de publier Hélène Chaigneau, et j’écris immédiatement à deux des personnes qui connaissent bien Hélène Chaigneau, à savoir Jacques Tosquellas et Guy Baillon. Tous les deux me répondent qu’ils sont d’accord mais Guy Baillon m’indique qu’il est nécessaire de contacter Jean Garrabé parce qu’il est celui qui connaît le mieux Hélène Chaigneau. J’écris alors à Jean Garrabé, qui me donne son accord et me dit la nécessité réunir ses articles, et la même semaine, c’est extraordinaire, on apprend qu’un ouvrage devait être publié par Campagne Première, la maison d’édition qui édite Gisela Pankow. Le projet était en rade depuis trois ans, et, du coup, ça les a relancés. Donc, la partie de texte que je vais vous lire est extraite du livre à paraître chez Campagne Première.

Petit à petit on commence à assister à l’extraction de ses articles — parce qu’elle a beaucoup écrit, cette femme, ce qu’on ne savait pas. On ne le savait pas parce que elle disait rien, elle faisait ses trucs comme ça presque en douce, c’est un ton particulier, ce n’est pas quelque chose qu’on trouve chez n’importe qui, une certaine façon de parler de ce qu’elle tourne en dérision à savoir la maladie mentale, quand on dit la maladie, on dit pas la maladie somatique, donc pourquoi dire la maladie mentale, c’est idiot, enfin, elle a bien des de points de vue comme ça très extraordinaires sur les choses. Ce que j’ai ici, c’est le livre qui sera publié chez Campagne Première, une interview, je ne sais combien d’entretiens qui se sont passés entre 1988 et 1989. Je vous lirai quelque chose qui me paraît intéressant et sur lequel on pourrait faire des commentaires, enfin vous êtes invités à faire des commentaires, ça c’est l’interview le troisième entretien du 7 novembre 1988, voilà une chose.

Deuxième chose, c’est ce bonhomme, beaucoup de pages, 800 pages, écrit tout petit, là j’en ai pour un siècle pour lire ça, mais un type assez extraordinaire, qui s’appelle Howard Zinn, étatsunien, et c’est son grand livre qui s’appelle Une histoire populaire des États-Unis de 1492 à nos jours, « à nos jours » parce que ça va jusqu’à ces toutes dernières années. C’est un historien qu’on pourrait qualifier d’engagé, mais le mot est faible. Il est mort à quatre vingt-six ou quatre vingt-sept ans, cette année. Il a traversé personnellement la grande dépression, avec ses parents évidemment, puis le New Deal de Roosevelt, la guerre où il était dans des bombardiers, etc., enfin… puis il a été nommé prof au sortir de la guerre dans des conditions c’était en Alabama, alors je sais pas si vous voyez le coin, après guerre, avec la ségrégation raciale, etc., enfin bon, il était toujours de tous les combats. Il a traversé le maccarthysme, parce qu’évidemment comme il était communiste il était plutôt en difficulté de ce côté-là. Un vrai bonhomme, très vivant. Ce n’est pas un témoignage, c’est un historien qui parle de l’histoire comme peu en parlent. Je vais vous lire des extraits.

[p. 14sq] Mettre l’accent sur l’héroïsme de Christophe Colomb et de ses successeurs en tant que navigateurs et découvreurs, en évoquant en passant le génocide qu’ils ont perpétré,…

Alors génocide faut voir… le mot n’est pas fort, le génocide, puisque en l’espace de cinq ans par exemple dans tel endroit d’Amérique du sud la population autochtone est passée de plusieurs millions à cinq cents personnes. En fait on le sait, on l’a entendu, lu, mais ça ne s’inscrit pas ces choses-là, c’est bizarre.

(…)

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