Canet, le 03 octobre 2011 Un moment poétique à Château Rauzé

lundi 3 octobre 2011, publié par Michel Balat


Canet, le 03 10 2011
Un moment poétique à Château Rauzé

M. B. : Nous sommes le lundi 3 octobre 2011. Je reviens de Bordeaux où j’avais été appelé à la clinique de Château Rauzé. Je fais un bref rappel de ce qu’est la clinique de Château Rauzé. Il y a une quarantaine d’années plusieurs neurologues, neurochirurgiens, etc., ont commencé à voir arriver dans leurs services des personnes qui avaient été victimes d’accidents de la route, et qui leur étaient amenées par le SAMU, et des personnes qui étaient dans des états qui avaient été peu observés. Le phénomène commençait à devenir massif dans les services, des états végétatifs et des longs comas, et François Cohadon s’est déplacé en Europe, en particulier en Angleterre, pour voir comment les établissements prenaient en charge les végétatifs. Dans son service ils ont essayé de mettre en place les premiers types de soins spécifiques, jusqu’au moment où Cohadon a demandé à Edwige Richer de prendre les blessés lorsqu’ils ne nécessitaient plus de soin de relative urgence, de les prendre dans une clinique qui était à l’origine une clinique psychiatrique

C’était la première clinique de ce genre qui s’ouvrait en Europe, et Edwige a commencé à inventer les soins, à élaborer une pensée de ce qui s’y passait. À l’époque ils ne prenaient pas encore de végétatifs mais des personnes qui étaient sorties du coma et de l’état végétatif, ils ont pu observer des choses très différentes.
Il y a un peu plus de vingt ans Edwige a décidé de prendre des végétatifs et de créer un service d’éveil, de recevoir les personnes qui sont en éveil de coma, — qui ne sont plus dans le coma parce qu’elles ont ouvert les yeux, mais qui ne réagissent à aucune sollicitation externe —, à condition que l’équipe soit suivie. On s’est rencontrés et elle m’a proposé de venir suivre l’équipe pour lui permettre de tenir le coup. Cela fait donc un peu plus de vingt ans que j’y travaille régulièrement avec entre autres ; actuellement, l’équipe d’éveil, la clinique, les UEROS.
La clinique se trouve à Cénac sur la rive droite de la Garonne, un peu en amont de Bordeaux.

Sur le plan institutionnel c’est très intéressant aussi puisque dès le début Edwige a compris qu’elle devait avoir les mains libres à la fois dans le travail le plus précis qui soit, et dans le travail le plus général qui soit, qu’elle devait la possibilité d’intervenir dans tous ces champs.
Et pour cela, elle a donc conclu un accord avec le directeur de l’époque, qui était suffisamment astucieux pour accepter l’oukase d’Edwige : vous, le directeur, vous vous occupez de l’administratif, et uniquement de l’administratif ; quant à moi, je m’occuperai de tout ce qui touchera au soin, quand bien même cela chevaucherait de l’administratif.

À partir de ce moment elle a pu créer ce qu’elle voulait, et demander au directeur d’assurer administrativement la suite ; et quand il s’agissait de monter des dossiers, ils les établissaient ensemble. Ce sont là des choses toutes simples mais qui n’ont pas cours actuellement dans la plupart des établissements.

(…)

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