Canet, le 06 novembre 2006 Une présentation du processus analytique et de quelques outils sémiotiques.

lundi 6 novembre 2006, publié par Michel Balat


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Canet, le 06 novembre 2006

Une présentation du processus analytique et de quelques outils sémiotiques.

M. B. : C’est le 6 novembre 2006. L’inconscient est bien mal nommé, il faut le dire. C’est emmerdant d’appeler ça l’inconscient, et ça l’est de plusieurs points de vue : d’abord, parce que c’est « l’inconscient », ce qui fait qu’on considère d’emblée que c’est quelque chose… par exemple, le fœtus. Pourquoi pas ! ou le système limbique…, je veux dire que chacun met son inconscient là où il veut, mais en tous cas on a le sentiment que c’est quelque chose qui existe, enfin qui est là, un petit peu comme si on avait une besace avec un inconscient, comme si chacun transportait son truc.

Je dis mal nommé parce que dire « l’inconscient » c’est déjà une forme d’entification. On peut dire qu’on le traite comme tous les concepts qu’on a pris l’habitude d’entifier, qu’on traite comme des choses. Mais une fois qu’on les a traités comme des choses, il faut faire gaffe, il faut simplement se rappeler rapidement que ce ne sont pas des choses et, du coup, corriger ce que cette chosification greffait sur le concept : premier point.

Deuxième point, l’inconscient apparaît comme distinct de la conscience. Alors nous sommes de nouveau devant une sorte de salade. Évidemment, quand Freud a débroussaillé le terrain, il a dû s’opposer aux idées reçues, et dans la mesure où on soupçonnait qu’il y avait autre chose que la conscience qui travaillait, autre chose qui se voyait trop, il disait « finalement on va être obligés de faire l’hypothèse d’une conscience inconsciente ». Et il ajoutait « ça c’est une contradiction qu’on ne peut pas supporter, enfin aucun philosophe ne peut soutenir quelque chose comme ça ».
Ah !... mais, où sont nos allemands ? Ils foutent le camp chaque fois. Ils ne sont pas stables nos deux spécialistes de l’allemand, ils sont agaçants, on ne peut pas s’appuyer sur eux. En allemand c’est Unbewusst, c’est-à-dire quelque chose qui est beaucoup plus proche de l’insu, de l’in-connu. Et là on touche déjà à quelque chose de plus intéressant. Rapprocher l’inconscient de l’insu est plus astucieux que de le rapprocher de la non-conscience qui est une simple qualité et n’a pas grand intérêt. Avec l’insu, on est vraiment dans un domaine qu’on connaît bien puisque précisément s’il y a quelque chose qui est remarquable, c’est le fait que l’insu, eh bien, on connaît : on ne sait pas, mais en tout cas on connaît. Après il faut se mettre d’accord sur ce qu’on entend par « insu », ce qui fait que la question de l’inconscient est à mon sens peut-être mieux posée au niveau où on se situe, c’est-à-dire au niveau des mots. Ceci dit, on ne va pas changer le mot inconscient, c’est reçu maintenant, donc c’est fichu. Lacan avait un peu essayé avec Unbevusst, il avait dit « l’une-bévue », c’était assez astucieux comme idée parce que finalement on fait une bévue, et quand on fait une bévue, ça signifie que l’inconscient est concerné directement.

(…)


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