Canet, le 07 avril 2014- Le tableau de l’angoisse - Suite

mardi 17 juin 2014, publié par Michel Balat


Canet, le 07 04 2014- Le tableau de l’angoisse - Suite

M. B : Nous sommes le lundi 7 avril 2014.

Francesca Caruana : Est-ce que je peux t’embêter avec une question ?

M. B : Mais tu ne m’embêtes pas…

F. C : C’est que je crois ne plus comprendre ce qu’est le symptôme, parce que tu disais l’autre jour que ni l’angoisse ni l’inhibition n’étaient un symptôme. Mais comment ce n’est pas un symptôme, l’angoisse ?

M. B : Eh bien, on peut mettre ça comme point de départ, et ensuite on analyse cette prise de position.

F. C : Mais si tu dis ça c’est que tu as déjà vérifié que ça ne l’était pas…

M. B : Non, mais là, c’est une position. Quand on utilise les concepts, on fait une hypothèse, parce que certains viennent d’emblée mais d’autres viennent dans un rapport, et souvent certaines décisions sont prises par un penseur, ici, c’est Freud en l’occurrence, qui dit voilà, je décide que l’angoisse et l’inhibition ne sont pas des symptômes, que ces trois sont des coordonnées distinctes de la vie psychique, c’est une décision.

F. C : Et le symptôme c’est quoi alors ?

M. B : Justement, du coup ça donne un autre contenu à la dimension de symptôme, idem pour l’angoisse et l’inhibition… Je me souviens quand j’ai commencé ce travail, j’essayais de voir d’où venait l’angoisse, je ne pouvais pas m’en empêcher, c’était plus fort que moi, tout en ayant lu dans tous les sens Inhibition, symptôme, angoisse. On s’aperçoit qu’on ne peut absolument pas produire quoi que ce soit qui puisse permettre de savoir d’où ça vient, comment elle naît. Si vous avez fait comme moi, vous vous êtes aperçu que vous pouvez poser des questions, faire l’examen le plus strict, jamais vous n’arriverez à savoir dans quelles circonstances l’angoisse est sortie. Le symptôme, lui, on peut le dater, le signifier, on voit qu’on est obligé de produire des indices il nécessite la production d’indices, il s’agit de faire un travail pour arriver jusqu’aux indices ; le symptôme n’est pas un indice en soi, contrairement à ce qu’on dit habituellement, il s’agit de produire des indices. Pour l’angoisse, on le voit bien…

F. C : Le symptôme d’angoisse n’existe pas…

M. B : C’est ce que je suis en train de te dire…

F. C : Oui, mais quand on les conjugue, le symptôme il faut chercher les indices…

M. B : Tu ne trouveras jamais d’indices de l’angoisse, et c’est Freud qui le décide, de même pour l’inhibition qui n’est pas un symptôme. On voit clairement que l’inhibition n’a pas de rapport direct avec l’angoisse, il n’y a pas d’angoisse sous-jacente, peut-être à l’exploration mais pas dans le moment… En même temps, ce n’est pas un symptôme parce qu’à aucun moment l’inhibition se présente comme telle aux yeux émerveillés du public, c’est inhibé, c’est tout ce qu’on peut dire…

Public : L’angoisse ne porte pas sur un objet…

M. B : C’est ça qui est compliqué, Lacan dit que l’angoisse n’est pas sans objet, mais c’est l’objet a. Comme l’objet a est un truc auquel personne ne comprend rien, ça va, ce n’est pas un objet modèle courant, même si c’est sans doute l’objet le plus courant qui soit mais ça c’est une autre paire de manches… L’angoisse n’est pas sans objet a, c’est l’aphorisme de Lacan concernant l’angoisse, on voit bien qu’il est obligé d’en parler négativement : n’est pas sans. Reprenons le tableau, la dernière fois, j’en ai fait le tour complet en partant de l’angoisse jusqu’à l’émoi, en sautant les trois zones dangereuses qui sont le passage à l’acte, l’empêchement, et l’émotion. On peut maintenant essayer d’examiner cette négativité sémiotique, ça va devenir plus compliqué...

Laurence Fanjoux-Cohen : Juste une question, tu as dit que Freud avait dit qu’un acte il faut que ça coûte…

M. B : Ça coûte la levée d’une inhibition.

(…)

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