Canet, le 10 janvier 2011 : fil de trame et fil de tisse

lundi 10 janvier 2011, publié par Michel Balat


Canet, le 10 01 2011

M. B. : Nous sommes le lundi 10 janvier 2011. J’aimerais vous parler aujourd’hui du packing. Pour faire un bref historique, le packing a été réintroduit en Europe par un américain nommé Woodbury, qui utilisait sa technique essentiellement avec des psychotiques et des schizophrènes ; et il a eu la bonne idée de passer dans quelques endroits particulièrement réceptifs, dont La Borde. Au début des années 80, Pierre Delion, qui entretient avec La Borde les liens qu’on sait, compte tenu de la conception qu’on avait de l’autisme et de ses différentes formes d’angoisse, a envisagé le packing avec les enfants comme une solution intéressante. Il considérait que face à la carapace autistique, quelque chose de ce niveau pouvait présenter un intérêt, mais que cela devait être placé d’emblée dans une dimension relationnelle.

Il s’agit de fabriquer une enveloppe suffisamment présente, et pour ce faire il existe deux moyens. Le premier, c’est de faire quelque chose qui puisse être immédiatement perçu par l’enfant, c’est le rôle du froid humide ; et le second, c’est le serrage, faire jouer quelque chose qui soit du registre de la tenue, quelque chose qui contienne. Les bras et les jambes sont d’abord enserrés dans une première enveloppe et puis dans une seconde enveloppe. L’enfant est allongé sur un lit, et la séance dure entre une demi-heure et une heure, suivant les dispositions des équipes et suivant d’autres éléments, mais en général des variables exogènes, et rarement endogènes. Formellement les choses se passent de la manière suivante : il y a au moins trois personnes qui sont présentes autour de l’enfant, comme dans des thérapies plus anciennes comme la cure de Sakel ou les électrochocs.

Il y a là quelqu’un qui est appelé le scribe, qui note tout ce qu’il observe, c’est-à-dire les discours qui sont tenus par les personnes présentes autour de l’enfant et les éventuelles réactions de l’enfant qui est enveloppé.

De quoi causent les personnes qui sont là ? Eh bien, ça dépend. Il n’y pas de théorie sur le sujet, mais il importe qu’il y ait de la parole qui circule dans ce moment-là. Et l’on peut dire que les personnes qui sont présentes assurent une sorte de permanence de la parole qui introduit l’enfant dans une dimension relationnelle, même s’il est passif dans la relation, ce qui n’est pas toujours le cas. La particularité du travail dans le packing réside dans le fait que les personnes qui sont là travaillent à partir de ce qu’elles croient voir et de ce qu’elles ressentent de la situation telle qu’elle se présente à elles à ce moment-là.

Elles observent les mimiques de l’enfant, ses mouvements, etc., et elles disposent d’une connaissance de ce qu’il a vécu auparavant, soit dans l’équipe soit dans la famille. Il est évident que les témoignages sur la trajectoire de l’enfant entre deux packings permettent parfois de saisir un certain nombre de choses.

On pourrait dire qu’il s’agit là d’une mise en parole contextualisée. Cela met d’emblée en jeu quelque chose de fondamental, à savoir la question de l’équipe ; et l’équipe doit justement constituer cette base arrière pour le moment du pack, cette base sur laquelle les gens qui font le pack vont pouvoir s’appuyer.

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