Canet, le 11 janvier 2010, Le lac de Pierce (II)

lundi 11 janvier 2010, publié par Michel Balat


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Canet, le 11 01 2010

Le Lac (II)

Etude de "matter is effete mind" de Peirce ou la transformation du mind en matière

M. B. : Nous sommes le lundi 11 janvier 2010, oh, ça va vite, ça va fort, 2010, mais quand ça s’arrêtera ?…

Public : Jamais…

M. B. : (rires) C’est sans fin, pas sans fond, sans fin… Oui, la dernière fois j’ai oublié de vous donner quelques livres comme ça en passant. Il y a celui-là, La Chine sur le divan, c’est pas mal, c’est un peu documentaire mais c’est intéressant parce qu’il n’y a qu’un seul psychanalyste en Chine, alors…

Public : (rires)

M. B : … il faut tomber dessus…

G. F. : En plus il est rouge…

M. B. : Il est interviewé par un bonhomme, Dorian Malovic... il est prof et a un cabinet à l’intérieur de son université, il a pu avoir ça, et il forme des gens qui vont devenir psychanalyste… il les envoie en France, un peu partout...

A. R. : Il travaille dans quelle ville en Chine ?

M. B. : Cheng Du… tu connais ?

A. R. : Je connais un peu la Chine mais je ne connais pas chaque ville, enfin je connais le nom.

M. B. : Et tu sais où c’est ?

A. R. : Pas vraiment.

M. B. : C’est là qu’il faut raconter ton histoire, ta magnifique histoire sur les étudiants chinois qui te pilotaient…

A. R. : …

M. B. : Ah, c’est moi qui vais devoir la raconter, franchement, là tu exagères un peu ! La fois où ils te demandent d’où tu étais, tu dis « de Perpignan », et ils connaissaient Perpignan à cause du diplôme de tourisme… et quand tu leur dis que c’est une petite ville, ils te demandent « un million et demi d’habitants ? »…

Public : (rires)

M. B. : Et ce n’était pas une plaisanterie ! C’était sérieux ! Pour eux, petite ville, c’est un million et demi d’habitants… Cela dit, sur ce livre, je ne suis pas enthousiaste… il est agréable à lire, ça se lit simplement et il faut dire que c’est simple aussi, ce n’est pas transcendant. Mais le type, il se décarcasse, il essaie d’adapter Lacan, Freud et tout ce monde aux réalités chinoises, ce n’est pas évident, c’est difficile d’avoir une hauteur de vue, ça ne se commande pas... J’ai retrouvé un vieux livre que vous avez sans doute lu et qui vaut le coup, celui-là, Les identifications. C’est bien foutu, il y a un gros article de Jean Florence, très récapitulatif, ça se trouve sur Abebooks.

Public : Quel éditeur ?

M. B. : Denoël, c’est la collection L’espace analytique, une très bonne collection, c’est la famille Mannoni qui s’en occupe et comme ils sont vraiment intéressants... Je vous ai dit qu’il y avait les Writings numéro VIII… vous qui êtes des passionnés de Peirce, je le sais ! Vous le cachez comme vous le pouvez, mais je le sens bien… Je vous recommande les Writings numéro VIII parce que c’est vraiment excellent, c’est un bon cru de Peirce — 1890-1892 — c’est vraiment sa grande envolée. En 1868, il avait déjà créé une nouvelle philosophie mais il n’empêche que là, c’est d’une densité folle… Qu’est-ce que j’ai vu aussi...? Marx, ça c’est bien aussi… Jean-Marc m’a appris que c’était un des plus grands éditeurs d’art français qui a fait ce petit livre très beau, je vous le montre, ça prend du temps pour le lire, c’est très précis, il s’appelle ?

J.-M. Q. : Guy Lévis Mano.

M. B. : Guy Lévis Mano, le type qui fait ces éditions est mort depuis longtemps, le livre est chouette comme tout, Je vois un pays aride. Il y aussi ce livre splendide sur la construction des abbayes cisterciennes Les pierres sauvages dont je vous reparle parce que c’est un pur chef d’œuvre, de Fernand Pouillon, grand architecte. Il avait défrayé la chronique dans ma jeunesse, il avait été en taule parce qu’il était en avance sur son temps, sur les lois. C’est emmerdant d’être en avance sur les lois, mais après le débat qui a eu lieu autour de son cas, les lois ont changé. En s’inspirant des abbayes cisterciennes, il disait qu’il fallait que ce soit la même personne qui fasse le plan et qui soit le constructeur, que l’architecte soit nécessairement désolidarisé de l’entrepreneur est une idiotie. Il avait monté une entreprise de maçonnerie, ce qui était absolument interdit à l’époque, dans les années soixante et donc il s’est retrouvé en taule, alors scandale terrible. Ce livre est un pur chef d’œuvre, il écrit magnifiquement, et on est dedans, dans la construction de l’abbaye. Il raconte comment trouver le site ne suffit pas, il faut qu’il y ait les pierres pas trop loin, il faut qu’il y ait des chemins qui puissent mener à des trucs et des machins (signal portable) Ah, Éric Rohmer est mort… donc le Monde m’envoie ça !

F. C. : Comment ça s’appelle ?

M. B. : Les pierres sauvages, qu’on peut trouver sur Abebooks parce que c’est un livre qui est très vieux, il est de 64, j’avais vingt ans… Ensuite il y a ce livre, qu’en principe je suis chargé de présenter chez Torcatis mais je crois que je ne vais pas le faire… c’est un peu dans la lignée d’Agamben. L’introduction est d’une grande prétention et si je commence à présenter le livre comme ça je crois qu’il ne se vendra pas. Par contre, il y a un très bel article sur l’assujetissement, très intelligent. Il doit y avoir quelques perles dans ce bouquin, il faut les attraper… Vous savez comment on attrape une perle ? On lit en diagonale, et puis quand tout à coup on est accroché par une ligne, c’est que c’est la perle, le grain de sable qui retient… En plus, c’est un lexique. Après le reste ce sont des vieilleries… j’aime bien les vieilleries… alors une vieillerie intéressante, La psychanalyse par Blondel. Vous connaissez Blondel...

G. F : Oui…

M. B. : Ah oui, vous connaissez Blondel…

G. F. : Le syndicaliste…

M. B. : Oh non... à vrai dire, si je devais absolument choisir un syndicaliste, ce ne serait pas lui. Et puis il y a notre grand ami Victor Martinez, qui a publié un avant propos du petit livre d’André Du Bouchet, le grand poète. C’est de la prose, très beau, comme toujours d’ailleurs, il a des trouvailles, Victor Martinez. Il paraît que le livre de Cooren se trouve facilement maintenant, tout le monde peut l’avoir, donc je vous le recommande, ceux qui l’ont lu témoignent, toi tu t’es régalée de le lire, hein…

L. J : Ah oui, De la cruauté ! On le trouve facilement…

M. B. : Très facilement, alors j’espère qu’il sera à la bibliothèque pour la « journée avec »

T. M. : Dominique s’en occupe, oui.

M. B. : Voilà, c’est pour vous mettre un peu en jambes. Par ailleurs sur le site, j’ai rajouté des trucs à Matter is effete mind, quelques lignes, pour re-préciser ce que j’avais raconté la dernière fois, un point d’appui pour ceux qui sont intéressés. J’aimerais qu’on revienne encore là-dessus si ça ne vous ennuie pas ; ça vous intéresse, cette histoire ?…

Public : Oui.

(…)


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