Canet, le 14 décembre 2009 Les mystères de l’aliénation consentie

lundi 14 décembre 2009, publié par Michel Balat


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Canet, le 14 12 2009 Les mystères de l’aliénation consentie

M. B. : Nous sommes donc le lundi 14 décembre 2009, et comme c’est le dernier séminaire de l’année, si vous avez des choses à dire, c’est le moment de les dire. Aujourd’hui c’est jour de questions, mais vous pouvez aussi vouloir dire des choses importantes, ou pas, des conneries, tout, n’importe quoi…

N. C. : C’est quoi des conneries ?

M. B. : C’est ce qu’on dit… (rires) Parfois on le sait, parfois on ne le sait pas, c’est la seule différence… Alors, qui se lance ?

L. J. : L’autre jour quand tu as parlé de l’établissement, l’institution…

M. B. : Oui…

L. J. : Et le troisième élément, si l’on peut dire, c’était …

M.B : Le contrat.

L. J. : C’est ça ! J’ai trouvé intéressant cette triangulation qui pouvait permettre de sortir d’une relation duelle, qui pouvait permettre que des choses adviennent…

M. B. Pas plus tard qu’aujourd’hui j’étais dans un établissement qui se pose la question de comment faire pour être soignant… en dehors du club dont je vous ai déjà parlé, je travaille aussi avec l’équipe dite d’internat qui se posait la question de ce qui les différencie d’une MECS ?

L. F.-C. : C’est quoi les MECS ?

T. S. : Maison Éducative à Caractère Social.

M. B. : Un établissement est chargé d’un certain nombre de trucs prévus par l’État, il y a un listing fixé par un arrêté ministériel, un autre arrêté qui crée l’établissement en question, comme n’importe quel établissement, avec des procédures qui stipulent que tout enfant qui y rentre doit être évalué par la MDPH, tout est prévu. Il ne reste plus qu’à trouver des enfants particuliers, qui vont rentrer dans la grande généralité de l’établissement. Particulier et général ne s’opposent pas vraiment, le particulier est toujours le particulier d’un général. Quand on parle du soin, on parle de l’accueil, de prendre soin, et on fait référence au singulier, qui échappe aux catégories du général et du particulier. En aucun cas on ne peut dire comment on prend soin du singulier, cela ne peut être prévu par l’établissement.
Prenez par exemple l’hôpital de Perpignan et la création d’un service d’urologie. On sait qu’il faut un chef de service spécialiste, quelques médecins, un cadre infirmier, des infirmiers, des aides soignantes, des femmes de ménage, un lieu, du matériel, des trucs pour faire des opérations, des choses comme ça. Les uros-dépendants se précipitent en masse là-dedans et ils sont reçus par les uro-dépendeurs qui vont généralement s’en occuper. Ils vont recevoir des clients particuliers, mais vus sous l’angle de l’urologie. Et si par exemple, les enfants de moins de quinze ans ne peuvent pas être pris en charge par le service d’urologie de Perpignan, ils seront orientés sur un autre service, plus spécifique de leur classe d’âge. Nous sommes très exactement dans le système de l’entreprise de production. Lorsqu’il y a quelque chose qui est trop difficile à réaliser pour l’entreprise de production, on va demander à d’autres gens de réaliser cette pièce. Toute la logique actuelle, c’est cette logique-là. La question des institutions se pose de manière encore plus cruciale qu’elle ne s’est jamais posée. Créer une institution, c’est précisément prendre en compte le singulier, c’est-à-dire prendre en charge d’une façon particulière la personne qui a un problème spécifique. La question institutionnelle, c’est totalement la question de la prise en charge du singulier. Pour prendre en charge le singulier il faut s’articuler avec l’établissement. La question est celle des articulations. Oury parle de ça dans un livre que je vous recommande, vous l’avez en portugais, c’est très bien et en même temps vous apprendrez le portugais, ce qui n’est pas inutile…

(…)


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