Canet, le 14 avril 2014- Le tableau de l’angoisse (suite)

jeudi 14 août 2014, publié par Michel Balat


Canet, le 14 avril 2014- Le tableau de l’angoisse (suite)

M. B. : Nous sommes le lundi 14 avril 2014.

Une première chose, L’avec schizophrénique de Danielle Roulot est sorti, publié chez Hermann, la postface est superbe, c’est un dialogue entre Danielle Roulot et Jean Oury sur l’avec schizophrénique, un très bon livre.

À part ça, vendredi soir, Marc Ledoux a dit beaucoup de choses très utiles sur le plan clinique et sur le plan théorique, c’est vraiment très intéressant… les questions de l’art thérapie, on est tous très contents d’avoir eu ça.

On en était resté à notre fameux tableau de l’angoisse qu’on examine pas à pas et la dernière fois, plus particulièrement, la sorte de logique négative qui imprègne le tableau dans sa dimension sémiotique. C’est déjà négatif puisque ce sont des empêchements, des embarras, des inhibitions, mais on peut en faire ressortir le caractère négatif en mettant justement en correspondance avec les éléments sémiotique.

Je vous rappelle ce qu’on appelle habituellement les dix classes de signes, tout d’abord, la première classe le ton iconique rhématique. En ce qui concerne les tons, on ne peut pas aller plus loin que ça, le ton est iconique rhématique, c’est tout et c’est déjà pas mal parce que ça permet de nourrir tout une partie du tableau.
La seconde c’est la trace iconique rhématique…

Public : Le ton intervient aussi dans ces cas-là…

M. B. : Non … Certes, toute trace iconique rhématique suppose un ton iconique rhématique, mais la trace iconique rhématique, en tant que trace, n’a pas de ton. En revanche, chaque trace a son ton et il peut y en avoir plusieurs, ce n’est pas monotonal, une trace, ça peut être varié, ce n’est pas monotone. On l’a bien vu, hier au cours des séances de grand guignol qu’on fait le dimanche à Elne, une stagiaire a versé du sable très fin au fond d’un baquet et mis des coquillages qu’elle collectionne depuis des années, ramassés sur une plage à la Vieille Nouvelle, à Port la Nouvelle mais c’est la Vieille Nouvelle, elle a donc jeté des oxymores là-dessus… Pourrait-on voir les traces que laissent les coquillages sur le sable ? Eh bien, on n’a pas pu répondre parce que sur le plan pratique c’est difficile à faire, ceci pour dire que les tons sont multiples pour les traces.

La troisième classe est la trace indiciaire rhématique, on sent bien que les traces ont la capacité d’être indiciaires, elles sont bien les indices de quelque chose, si l’on avait enlevé les coquillages, si l’on avait réussi à résoudre l’équation proposée, on aurait eu le sable avec des traces, mais aurait-on pu identifier qu’il s’agissait de coquillages, ce n’est pas sûr, ils ne sont pas toujours zébrés…
La quatrième classe est la trace indiciaire dicente, la photographie en est la plus connue, elle dit quelque chose, c’est un indice mais associé de façon régulière à un certain type d’icône. Avant, ça marchait de façon relativement simple, vous aviez le flux lumineux émis par la source qui passe par un objectif et va se projeter sur une surface qui est perpendiculaire au flux, une surface sensible qui reçoit les photons. Ces derniers sont ensuite révélés par la photographie, la photo elle-même, mais la photographie agit comme un révélateur, elle est obligée de faire l’objet d’un flashage quelconque pour pouvoir faire ça, nous n’avons là que des opérations indiciaires.

(…)

titre documents joints


Dans la même rubrique
SPIP 3.0.17 [21515] | XHTML 1.0 | CSS 2.0 | RSS 2.0 | Espace privé
Visiteurs Jour: 141 (722261)