Canet, le 15 décembre 2008- Amour et malentendus

samedi 10 mai 2014, publié par Michel Balat


Canet, le 15 décembre 2008- Amour et malentendus

Michel Balat : Nous sommes le lundi 15 décembre 2008.

J’étais à Bordeaux jeudi et vendredi, et c’était pas mal, les vendredis après-midi à la réunion de la clinique, un thème est choisi par les gens qui aimeraient parler de quelque chose, là on sortait d’une crise liée aux primes, sous quel critère les donner, ça pose beaucoup de malaises généraux…Ce vendredi après-midi, pour la première fois, il y avait trois thèmes, un premier posé par la personne à l’accueil téléphonique, qui se sentait submergé par les familles, il faut dire qu’il est gentil, qu’il sait écouter les gens, mais il n’en peut plus parce que des fois, il en prend plein la gueule de leurs difficultés, d’autant qu’il est lui même passé par des choses comme ça. Le second thème était Humanité et prime et pour le troisième, la violence des soignants sur les blessés. On a parlé plus particulièrement de la question de la violence et de l’humanité, on a à peine traité le thème « Humanité et prime », et sur l’accueil, on a abordé la question de vouloir le bien des patients, quelque chose qui a l’air d’être un mot d’ordre de base, contre lequel je m’élève régulièrement, depuis des années, je le dis chaque fois que je le peux, vouloir le bien de quelqu’un est la pire des choses… A la fin, j’ai trouvé une formule, que je vous livre, qui a plu à tout le monde et qui a permis d’effacer un peu l’effet désastreux du discours ambiant, à savoir que les blessés vous demandent de vous occuper de leurs maux et, eux, s’occuperont de leur bien... A la réflexion, ce n’est pas si con que ça, parce que ça veut dire qu’on ne peut pas savoir le bien de l’autre, il n’y a que lui qui peut le savoir.

Le mal, lui, est identifié puisqu’on travaille autour du malaise, de la souffrance, on peut essayer de faire quelque chose, mais le bien de l’autre on ne saurait le vouloir, parce qu’on ne le connaît pas, et c’est à chacun de s’occuper de son propre bien, en tout cas pas aux autres.

Au sujet des appartements thérapeutiques, il me semble qu’on a pu voir ce que pouvait signifier la greffe de possible. Oury parle de greffe d’ouvert, Maldiney parle de possibilisation, comment possibiliser une situation.

Pour vous resituer théoriquement la chose c’est dans le fameux tableau Inhibition, symptôme, angoisse, un tableau dont on se sert beaucoup, élaboré par Lacan dans le Séminaire sur l’angoisse. En lisant de gauche à droite et de haut en bas vous avez en haut à gauche l’inhibition, à droite l’empêchement, à côté l’embarras, au-dessous sous l’inhibition, se trouve l’émotion, à côté le symptôme, et à suite le passage à l’acte, et enfin au-dessous tout en bas, vous avez l’émoi, l’acting out, et l’angoisse.

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