Canet, le 16 novembre 2009 : La création du zéro et son effet sur la pensée de la structure

lundi 16 novembre 2009, publié par Michel Balat


La création du zéro et son effet sur la pensée de la structure

Canet, le 16 11 2009

M. B. : Nous sommes le lundi 16 novembre, et tout d’abord, samedi Françou m’a fait découvrir quelque chose qui vaut le coup : un cours de l’École Nationale d’administration qui s’appelle « Cours de la langue de bois » (cf. http://www.balat.fr/spip.php?article642), mais qui, pour aller jusqu’au bout de la chose, devrait s’appeler « Cours de Xyloglossie ». Ça se présente de la façon suivante : il y a 4 colonnes et 8 lignes, et avec des bouts de phrases figurant dans les différentes cases. On peut prendre n’importe quelle case de la première colonne, et faire suivre son contenu par celui de n’importe quelle case de la deuxième colonne, etc. Par exemple : « Par ailleurs, c’est en toute connaissance de cause, que je peux affirmer aujourd’hui que// le particularisme dû à notre histoire unique// oblige à la prise en compte encore plus effective// d’un programme plus humain, plus fraternel et plus juste ». Ça marche à tous les coups. Vous pouvez y aller : « Mesdames, messieurs, la nécessité de répondre à votre inquiétude journalière que vous soyez jeune ou âgé, interpelle le citoyen que je suis, et nous oblige tous à aller de l’avant dans la voie d’un projet porteur de véritables espoirs, notamment pour les plus démunis ».

Public : (rires)

M. B. : Il y a 8 puissances 4 discours de langue de bois.

Public : C’est un cours sérieux ?

F. C. : Oui, c’est un cours de l’ENA. On en entend ses effets tous les jours.

M. B. : C’est au programme, et ils ont des examens « Savez-vous parler la langue de bois ? »

F. C. : C’est-à-dire… c’est dans le contexte de se sortir de situations quand ils ne sont pas en mesure de répondre. Ils peuvent toujours fournir. Si tu as du mal à inventer, tu pioches…

M. B. : « J’ai depuis longtemps, ai-je besoin de vous le rappeler, défendu l’idée que l’acuité des problèmes de la vie quotidienne doit nous amener au choix vraiment impératif, de la valorisation sans concession de nos caractères spécifiques. »

Public : (rires ) C’est le discours politique.

G. P. : Ce n’est pas que le discours politique. C’est aussi souvent le discours quotidien. C’est ce qu’on appelle la parole vide.

Public : ….

M. B. : C’est comme ça qu’ils apprennent à parler. Alors maintenant un autre type de discours : « Maintenant, ça y est, nous y sommes. Mais qu’est ce que ça veut dire maintenant. Déjà là, ça continue. Est-ce vraiment du temps ? Ce n’est pas le présent, mais le présent, un point entre le passé et l’avenir. Le présent se déplace. Ça n’arrête pas et ça augmente le passé et l’avenir en même temps. Mais le maintenant est-il du hors-temps ? immobile entre deux chronothèses. À moins que cela ne se rapproche du parfait. Alors déjà, mise en relief qui ressemble à de l’historial. On doit être tissé de temps. Tout s’y réfère. À moins d’être dans une déstructuration schizophrénique. Et ce qui se passe existentiellement, n’est-il pas de l’ordre du futur antérieur ? certainement, peut-être… » Ça, c’est du Oury, ce n’est pas de la langue de bois. Ce n’est pas immédiat.

F. C. : Ça fait penser un peu à Beckett.

M. B. : C’est un stage que je vous recommande chaque année, un stage extraordinaire. Une semaine à la Borde. Du lundi 3 mai au 7 mai 2010. Un stage de formation sur le Temps. Voilà. Il y a quelques petites plaquettes. Je ne vous les donne pas. Sauf si vous êtes décidés à y aller. Ça vaut vraiment le coup. Vous passez une semaine dans La Borde. Avec les poissons-pilotes, qui vous conduisent à travers la clinique. La première journée qui est extraordinaire, c’est la journée où chacun se présente. Je ne sais pas combien ça coûte : 700 euros, déjeuners inclus, hébergement non compris. Voilà. C’est surtout pour ceux qui peuvent se le faire payer. 700 euros, ce n’est pas donné.

Mon ami Enrique m’a passé un livre : Tosquelles. Puisque je parle de Tosquelles, je vous signale que demain, l’ITEP de Toulouges va être baptisée « François Tosquelles ». Avec la présence de la fratrie, Jacques, sa sœur, tout ce monde-là. Demain. Entre 10h et midi. Ça se finit à 1h et demie. Il faudra que cet Itep le mérite ! Mais il y avait une question sur la dernière fois.

C. S. : Je n’ai pas compris pourquoi vous dites que le dernier d’une fratrie, c’était le père.

M. B. : Alors, ça vaut le coup de se référer à Oury « …et ce qui se passe existentiellement n’est-il pas de l’ordre du futur antérieur ? certainement. Peut-être ». Il me semble que c’est de ce registre-là. Au bout du compte, le dernier enfant, c’est celui qui vient clôturer une génération qui, de son fait, aura été du fait de sa naissance ultime. Comme il vient clôturer une génération, il est un terminal, il met un terme. On peut dire alors qu’il peut visiter ce qui se passe dans l’ordinateur central. L’image, qui est celle de Vincent Mazeran, est un peu osée. Au bout du compte, tous ceux qui étaient avant lui, leurs histoires étaient déjà engagées quand il est arrivé, et c’est lui qui vient, d’une certaine façon, dire ce qu’aura été l’histoire des autres au sens de la structure, la structure familiale, qu’il vient d’installer puisque c’est le benjamin. Le dernier vient dire ce qu’aura été la structure, du fait qu’il arrive. Chose qu’aucun des autres ne peut faire puisqu’il y en a un qui vient après. Donc c’est ce point de vue-là, structural familial, qui permet de dire que, en somme, c’est lui qui vient fonder la famille. Il la fonde puisqu’il la clôt. C’est alors qu’on peut dire que c’est le père des autres, c’est ainsi que j’ai cru saisir Horace Torrubia lorsqu’il énonçait cela.

(…)

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