Canet, le 17 mai 2010 Logique du vague et du général- Principe du tiers exclu

lundi 17 mai 2010, publié par Michel Balat


Canet, le 17 mai 2010 Logique du vague et du général- Principe du tiers exclu

M. B. : Lundi 17 mai 2010, ça marche… Aujourd’hui, je me disais que ça vaudrait le coup de revenir sur quelque chose dont je n’ai pas parlé depuis longtemps, la logique du vague et du général. Je voudrais essayer de le prendre d’une façon qui ne vous décourage pas tout de suite parce que, s’il y a une façon brève mais insupportable de présenter ça, il y aurait sans doute une façon plus délayée qui peut permettre de saisir les points d’application dans notre champ de ces idées-là. La question suivante qui se pose : quelle est la portée d’un discours qui serait un discours général ? Nous, on a l’impression de savoir ce que c’est qu’un discours général, on dit des généralités, vous en avez sans doute en tête du genre..

Public : Les Espagnols sont bavards.

M. B. : Oui, les Espagnols sont bavards, c’est une généralité…mais en quoi ?

Olivier Friedrich : Tous les Espagnols ne sont pas bavards.

M. B. : Ah, il faudrait savoir… On est dans quelque chose d’un petit peu compliqué, on pourrait dire pour des raisons logico pratiques que l’Espagnol est bavard…

G. Perez. : C’est ce que je pensais…

M. B. : C’est plus précis et en même temps ça a le niveau de généralité voulu. L’espagnol est bavard, ça veut dire que si vous prenez quelque chose et que cette chose est espagnole, alors cette chose sera bavarde mais si on prend l’exemple d’un Espagnol muet, c’est foutu, or il existe des Espagnols muets. Ce sont des généralités qui très rapidement cèdent devant l’expérience, il suffit d’essayer de tester la généralité pour voir qu’elle s’effondre ipso facto, on est d’accord… ça pourrait laisser croire que les généralités sont fausses, mais non, il y a des généralités qui ne sont pas fausses, un exemple si on peut dire l’homme est un mammifère, on est dans une généralité, si vous prenez quelque chose dans l’univers que vous pouvez qualifier d’homme, cette même chose sera qualifiable de mammifère, c’est ça l’idée de fond, une idée très importante parce que c’est celle à laquelle on ne pense pas. Quand on dit une généralité ça veut dire que, quoi que vous preniez dans le monde qui puisse être qualifié de la première partie, sera qualifié de la deuxième partie, lorsqu’il s’agit de propositions qui sont en général comme ça. Cela équivaut à ce qu’on appelle une implication…

Francesca Caruana : C’est pas une universelle de dire ça ?

M. B. : C’est une implication dite universelle, c’est une proposition universelle, ça veut dire que si quoi que ce soit est un homme, alors cette même chose est un mammifère. Caché derrière cette généralité il y a une implication et elle n’est fausse que quand la prémisse est vraie, et que la conclusion est fausse ; dans tous les autres cas, l’inférence est vraie, c’est le seul cas de fausseté. Autrement dit, si vous pouvez dire qu’il est vrai que cette chose est un homme et si vous dites il est faux que ce soit un mammifère ça signifierait que votre implication serait fausse, ce qu’elle n’est pas. D’accord ? Vous voyez comment on vérifie que quelque chose est faux, il me semble que dans la démarche de pensée c’est rarement quelque chose à quoi on a recours et qui est pourtant sans doute la chose la plus intéressante qui soit. Nous avons tendance à avoir une révérence pour les affirmatives surtout universelles même les particulières, par contre les négatives ne nous paraissent pas aussi attirantes, or pouvoir voir que quelque chose est faux permet souvent de tirer des conclusions bien plus importantes que les conclusions directes qu’on peut tirer par des inférences qui se succèdent. Un exemple, quelqu’un vous dit « l’espagnol est bavard », vous lui dites que vous en connaissait un qui est muet, il rétorque que c’est une exception, donc ce n’est pas une généralité…Ce n’est pas une proposition générale, c’est une proposition particulière… Est-ce que là nous touchons seulement à la question de la logique du général, eh bien, pas tout à fait, la logique du général touche non pas ces généralités au sens où on l’entend habituellement, non pas quelque chose de type propositionnel, souvenez-vous des catégories que je présentais, le général est quelque chose qui touche au rhème. Je m’explique : si je dis l’homme est un général, j’enlève l’inférence dans laquelle je l’avais pris et je l’isole comme terme. En quoi l’homme est-il général ? Vous êtes d’accord pour dire que l’homme est un concept général ? vous vous dites qu’il y a un piège, mais non, vous pouvez dire oui tranquillement, c’est un concept général… Mais que cache ce terme ?

Florence Fabre : Ça englobe les hommes, les femmes…

M. B. : Oui, ça englobe tout ce qui peut être qualifié du nom d’homme, sous le général se cache une multitude mais un peu indéfinie…

(…)

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