Canet, le 19 mars 2007 L’infinitation, l’exactitude et la vérité. Rappel sur le système tonal

vendredi 22 février 2013, publié par Michel Balat


Canet, le 19 mars 2007

L’infinitation, l’exactitude et la vérité.
Rappel sur le système tonal

M. B. : Bon, on est le 19 mars 2007. Ça grimpe… Ah ! purée ! (rires) Oh la la ! C’est une catastrophe… Le premier séminaire, c’était en septembre 86… ça fait plus de vingt ans que ça a commencé ce truc.

Public : Plus de vingt ans…

M. B. : Plus de vingt ans, oui.

G. P. : À Canet, ça fait deux ans ?

M. B. : À Canet, ça fait trois ans. Mais avant, c’était à la fac. Et puis on en a fait beaucoup chez Françou, mais c’était surtout fin juin.

La dernière fois, le fait de devoir arrêter m’a un peu coupé en plein élan. Vous vous souvenez de ce que je racontais la dernière fois, non ? Vérité et exactitude. Il me semble que c’était autour de ça que se jouait quelque chose d’important. On pourrait même distribuer les choses de façon intéressante, on pourrait mettre trois termes là-dedans, parce que dire vérité et exactitude, c’est faire comme si ça s’opposait, ce qui est toujours emmerdant. Il me semble qu’un troisième terme, qui est d’ailleurs un premier terme, serait intéressant à installer : la Möglichkeit. Aah ! tu parles d’une möglich ! Comment on dit ça ?

O. F. : Möglichkeit.

M. B. : Mö…Meeuh… glichkeit, Meuh… glichkeit. Möglichkeit, c’est la possibilité.
Alors, si on revient aux catégories peirciennes, la possibilité est à mettre du côté de l’icône, c’est-à-dire que, au fond, l’icône présente l’objet possible. C’est vraiment quelque chose qui est au niveau là de la créativité, de la création. L’icône est créative, non pas en tant qu’icône, mais dans son rapport à l’objet, où l’objet est possible. L’icône n’a pas besoin d’avoir un objet dans le monde.

Prenez un tableau, Mona Lisa par exemple. Bon, Mona Lisa c’est un peu emmerdant parce qu’il y a un nom, et quand il y a un nom il y a déjà un symbole. Mais prenez un tableau quelconque, par exemple un portrait, que vous trouvez aux Puces… en voyant cette icône vous pouvez évidemment soupçonner qu’il peut bien s’agir de quelqu’un, mais, la seule chose que vous pouvez assumer, c’est qu’il y a un objet possible : au bout du compte, à ce moment-là, ce n’est plus vraiment l’icône qui est concernée mais l’indice. C’est-à-dire que vous allez mener une enquête sur le tableau et vous demanderez au vendeur : « voyons, où l’avez-vous trouvé ? » — « je l’ai achetée à un M. Untel qui l’avait dans son grenier ». Alors vous irez voir M. Untel qui avait le tableau dans son grenier à qui vous poserez la question : « alors ce tableau, d’où il venait ? » — « ouuh… ce tableau, il venait de mon arrière grand-tante qui habitait à tel endroit ». Alors l’arrière grand-tante c’est fichu, mais vous pourrez éventuellement le faire parler de l’arrière grand-tante : « oui, l’arrière grand-tante c’était une femme… », et vous aurez à votre disposition des photos, des descriptions, et puis, petit à petit, vous pourrez soupçonner que c’est précisément un portrait de l’arrière grand-tante, mais, à ce moment-là, ce n’est plus vraiment un objet possible, c’est un objet. Vous voyez que vous ne vous êtes pas intéressé à l’icône, vous vous êtes intéressé au tableau comme indice.

Si vous prenez le tableau comme icône… par exemple ce tableau qui est derrière moi… vous pouvez en rêver, vous pouvez fabriquer tout ce que vous voulez. Un jour quelqu’un m’a dit que, dans un rêve, ce qui était peint sur le tableau de Patrick Soladie, qui est derrière moi, lui apparaissait comme une phrase. Bon, pourquoi pas ? et il me dit « Merde ! la phrase, je ne m’en souviens plus ! », bon, allez ! à refaire ! … (rires) on voit bien l’objet possible, on pressent qu’il y a d’autres possibilités : tout un chacun ici peut prendre ce tableau comme objet de ses pensées, mais pas au sens de ce qu’il représente.

(…)

titre documents joints


Dans la même rubrique
SPIP 3.0.17 [21515] | XHTML 1.0 | CSS 2.0 | RSS 2.0 | Espace privé
Visiteurs Jour: 123 (717588)