Canet, le 2004/11/22

lundi 22 novembre 2004, publié par Michel Balat


Canet, le 2004/11/22

J’ai eu quelques échos de la dernière fois... et on m’a dit, une nouvelle fois, que cette histoire du Réel n’était pas claire... Dieu soit loué ! parce que ce n’est quand même pas clair. Je me suis demandé si ça vous intéresserait qu’on reprenne un petit peu ça, ou bien on passe ?... On reprend un petit peu tout ça...

Bon, je vous rappelle brièvement que ce à quoi on était arrivés c’était à des distinctions autour de trois termes qui sont trois termes clé : la réalité donc, le Réel et l’existence ; c’était eux sur lesquels on avait essayé de gamberger un petit peu. L’idée que j’avais essayé de développer, c’est que la réalité était quelque chose qui était toujours en voie de construction. Étant en voie de construction, ça signifie qu’il y a quelque... quelque chose qui est à construire, quelque objet... qui est à construire, et je faisais remarquer qu’en fait la réalité c’était ce qui était supposé dans la démarche scientifique : dans la « logique des sciences ». Il est supposé qu’il y a quelque chose comme la réalité pour pouvoir développer toute la démarche scientifique et, comme vous le savez, contrairement à ce qu’on dit habituellement, la démarche scientifique, la « logique des sciences » implique un temps premier qui est un temps fondamental, régulièrement oublié, ce qu’on appelle le « temps abductif » : c’est-à-dire celui où en quelque sorte surgit l’hypothèse. C’est intéressant sur tout un ensemble de registres, ce surgissement de l’hypothèse... Alors peut-être je pourrais en dire quelques mots là pour éclaircir ça parce que c’est quand même important pour la suite.

Le surgissement de l’hypothèse de quoi s’agit-il ? Jusque à Peirce les idées sur la « logique des sciences », en tous les cas les idées les plus courantes, se présentaient comme une sorte de dialogue entre la déduction et l’induction. Vous avez du l’apprendre à l’école ça : l’induction, c’est ce qui va du particulier au général et la déduction c’est ce qui va du général au particulier.

Bon, je vais pas vous démontrer ça parce que c’est pas le lieu mais l’induction a été soigneusement critiquée par Peirce qui, lui, dit « au fond, ce n’est pas du particulier que peut surgir le général ». En effet, vous pouvez contempler pendant des heures n’importe quel phénomène, eh bien vous n’allez pas pour autant avoir un général qui va surgir. De même, ce n’est pas parce que vous allez mettre des particuliers avec des particuliers, accumuler ls ‘expériences’, que vous allez fabriquer du général. Ce n’est pas à partir du particulier comme tel que le général se présente. Donc Peirce dit : « Voilà il faut distinguer deux choses, c’est-à-dire ce temps de production de l’hypothèse qu’essayait de recouvrir le ‘particulier au général’, et un deuxième temps, qui serait le temps d’induction proprement dit qui serait alors une induction sous forme de vérification », je vous en dirai deux mots.

titre documents joints


Dans la même rubrique
SPIP 3.0.17 [21515] | XHTML 1.0 | CSS 2.0 | RSS 2.0 | Espace privé
Visiteurs Jour: 120 (717260)