Canet, le 02 juillet 2007 Débat autour du travail de Marie Christine Laznik Observation du surgissement du premier indice chez un enfant autiste.

lundi 2 juillet 2007, publié par Michel Balat


Canet, le 02 juillet 2007

Débat autour du travail de Marie Christine Laznik
Observation du surgissement du premier indice chez un enfant autiste.

Le 30 juin 2007, Marie Christine Laznik était l’invitée de la VIIème « Journées avec… »

M. B. : Vous avez des réflexions à faire sur le contenu de cette journée avec Marie Christine Laznik ?

G. P. : à un moment donné, elle a dit qu’une enfant à quatre ans et demi pouvait se représenter la détresse de sa mère. Pour moi, ça va de soi qu’une enfant à quatre ans et demi ait cette possibilité-là. J’étais étonné qu’elle puisse penser qu’un enfant de cet âge ne puisse pas se représenter ces choses-là, la douleur d’une mère face à un enfant autiste…

M. B. : Ah ! Elle a dit ça comme ça ?!

G. P. : Non, enfin c’est moi qui l’ai entendu comme ça…

M. B. : Reprends parce que tout le monde n’était pas présent.

G. P. : Elle raconte l’histoire d’une petite fille de quatre ans et demi qui était en analyse. Au cours d’une séance où la mère était présente, elle joue avec des petits chevaux, elle dit « Maman, chevaux et bébé cheval », et elle joue la douleur comme si l’enfant prenait conscience que par rapport à son état antérieur, la mère avait souffert terriblement, et elle la remet en scène par le biais des petits chevaux.

Mais avant, il y a l’histoire du doudou qui a disparu, et c’est de catastrophe en catastrophe… le doudou a perdu des bras, après il a été jeté à la poubelle, de la poubelle il est tombé… on a l’impression que c’est dans une HLM, donc il a dégringolé jusqu’à la poubelle centrale… Et Laznik dit à l’enfant : « Je vais le récupérer en bas dans la poubelle… non, je n’ai pas pu le récupérer parce que le camion poubelle est arrivé, et donc j’ai été voir dans le camion poubelle, mais non, je n’ai pas pu parce que tout a été incinéré »… c’est toujours de mal en pis, et puis toujours en quête de cet objet-là, comme si, à un moment donné, il n’y avait pas de possibilité d’y mettre fin. Et j’ai trouvé un peu étonnant, qu’elle se mette toujours en place d’enfant, de partir en quête de ce doudou… elle ajoute catastrophe sur catastrophe…

M. B. : Je ne vois pas bien le problème que ça te pose…

G. P. : Est-ce qu’à un moment donné, elle n’aurait pas pu renvoyer la question à l’enfant : qu’est-ce qu’on peut faire, face à ces choses-là ?

G. : Elle rentre dans le jeu… elle s’identifie à la mère, un peu…

G. P. : …non, elle s’identifie à l’enfant…

N. C. : Moi, j’ai eu l’impression qu’elle l’aidait à faire un cheminement…

M. B. : Oui.

N. C. : … et que si elle interrompait ça, elle interrompait le travail avec la gamine, donc elle ne posait pas d’alternative…

G. P. : Mais ça se termine comment avec le doudou ?

Public : Eh bien, la gamine peut peut-être imaginer quelque chose…

M. B. : Oui, même si c’est douloureux, mais qu’elle puisse au moins en dire quelque chose, à partir du moment où elle est confrontée à ça, et si tu l’interromps avant… enfin moi, je l’ai vu comme ça… en fait une porte ouverte…

Public : … élaboré, quoi…

N. C. : …et puis elle en fait ce qu’elle veut, et puis il sera toujours temps de voir ce que la gamine peut lui ramener, mais au moins une ouverture …

M. B. : Voilà, il me semble que c’est ça. C’est-à-dire qu’elle ne pouvait pas sortir du jeu. Au nom de quoi pourrait-elle sortir du jeu, puisque c’est elle qui permet qu’il ait lieu ; et le fait que ce jeu ait lieu, c’est quelque chose qui permet à la gamine d’inscrire toute une histoire. Elle, ce qu’elle fait, c’est qu’elle essaie de proposer, de l’intérieur du jeu, des solutions : on va pouvoir aller là, on va pouvoir faire ça ; la gamine s’y oppose, mais il n’empêche qu’elle raconte, à travers ça, toute une histoire. Elle déroule quelque chose et elle commence à inscrire justement la question traumatisante qui est la sienne : le jeu ne résout pas la question du traumatisme, mais il permet au moins qu’il y ait déjà des choses de ce traumatisme qui commencent à s’inscrire.

G. P. : Oui, mais pendant toute l’histoire, elle s’identifiait à l’enfant.

F. C. : … je ne comprends pas trop…

G. P. : C’est-à-dire qu’à un moment donné, quand elle raconte l’histoire, Laznik s’identifie à l’enfant, elle dit « Le petit cheval, c’est toi ». L’enfant a perdu son doudou, enfin d’abord, le doudou, il perd un bras, il perd deux bras, donc on répare, après on le met à la poubelle, « Eh ben, je vais le chercher à la poubelle », et alors la petite fille dit « Non, la poubelle a été vidée dans la poubelle centrale » donc « Je descends à la poubelle en bas de l’immeuble », donc, quand elle parle à l’enfant, elle dit « Mais non, parce que là, ici le camion poubelle est passé, et je vais au camion poubelle », donc le camion poubelle est parti, et l’histoire s’arrête là-dessus.

F. C. : Elle lui permet de faire le deuil en fait…

G. P. : Oui, d’accord, elle propose cette séquence-là, mais on ne voit pas ce que la gamine en fait…

Public : Elle joue le jeu pour permettre le cheminement de l’enfant, c’est ça ?

M. B. : Oui, elle fabrique une histoire autour de. D’ailleurs, on voit qu’elle théâtralise sa voix, ses mots, de manière à pouvoir habiter un intervalle entre ce qui pourrait être la vérité d’un enfant, mais qui, dans la mesure où il n’y a pas de mots pour la dire, ne peut pas être une vérité, et le mensonge qui serait une construction fausse, faite dans l’intention de tromper. Elle se situe toujours là-dedans.

(…)

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1 Message

  • Canet, le 2007/07/02 7 mai 2013 18:39, par marieM

    Très intéressante article qui parle de doudou avec tendresse.
    Merci poru votre site.


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