Canet, le 21 septembre 2009 : la plus-value de Marx, l’évolutionnisme de Darwin et l’inconscient de Freud

lundi 21 septembre 2009, publié par Michel Balat


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Canet, le 21 09 2009

-la plus-value de Marx, l’évolutionnisme de Darwin et l’inconscient de Freud.

M. B. : 21 septembre 2009, demain, soixante cinq ans…

F. C. : Il ne faut pas le dire.

M. B. : Oh pff ! (rires) De toute façon on sait qu’on gagne une année chaque année… (rires)

Mercredi j’étais à Paris, avec Oury et toute la bande. Quatre vingt cinq ans et il revenait du Brésil comme une fleur ! C’est loin le Brésil ! il m’a donné des trucs… les œuvres ouriennes, c’est magnifique, le graphisme, extraordinaire ! Ça, c’est le collectif traduit en brésilien, ça c’est Tarde selon Oury, là c’est Szondi et Gagnepain selon Jean Oury, il m’a donné ça gentiment…

F. C. : Le schéma sur la page de ton site ressemble comme deux gouttes d’eau au graphisme de Ben.

M.B. : Ah bon ? Oury m’a dit que le plus important, c’est le centre. Alors je lui ai dit que son truc ressemblait à un cerveau. Il m’a donné aussi un très chouette texte qu’il a écrit sur Jacques Schotte et qui va être publié par Institutions. Il dit : « Il faut essayer de bâtir quelque chose qui ne soit pas des mièvreries ». Alors je ne sais pas si vous voyez les mièvreries d’Oury, enfin ! Il est trop intelligent cet homme, c’est fatiguant, réellement. Bon, voilà pour les introductions diverses.
La dernière fois, ça vous convenait cette reprise ? Ça ne fait pas de mal de reprendre un peu les choses. Par exemple Darwin : qu’est-ce qu’il a apporté comme idées forces ? Il y a beaucoup de choses chez Darwin, mais la grande idée c’est celle de l’évolutionnisme, c’est-à-dire la modification constante des formes d’expression de la vie. Si on pouvait résumer de façon un peu mièvre — comme dirait mon cher Jean Oury — la question serait : comment toutes ces formes de vie évoluent et s’emboîtent les unes dans les autres. Darwin disait que c’est à l’épreuve de l’existence que certaines formes ont été abandonnées : si elles ne survivent pas, elles tombent en désuétude. Ce n’est peut-être pas aussi direct que ça dans Darwin, mais par contre c’est comme ça qu’il a été lu ! Sa doctrine a été résumée au « struggle for life ». Le struggle for life c’est la doctrine de la colonisation ! À cette époque on pouvait lire Darwin dans ce sens-là ; il fallait justifier la colonisation sur le plan politique, justifier que les mieux armés pouvaient réduire les autres à leur merci. L’idée du struggle for life, ce n’est pas la peine de s’appeler Darwin pour l’inventer, ça fait longtemps qu’on y pense, c’est comme ça qu’on lit par exemple la conquête des Amériques. Pas la découverte, la conquête ! Il y avait des fusils, c’est le struggle for life, ça s’appelle aussi la loi du plus fort. Ça n’a l’air de rien, mais ce sont des choses très importantes, parce qu’on en est imbibés ! La loi du plus fort c’est une loi dominante, on y croit d’une certaine façon, même sur le plan psycho-pathologique. Je pense que là il faut faire un petit retour en arrière et j’en profite pour dire que la doctrine de l’évolutionnisme ne se réduit pas au simple struggle for life… Beaucoup de penseurs reprennent Darwin pour essayer de voir comment on peut l’arranger, le mettre au goût du jour, mais je pense qu’il faut regarder la plupart de ces entreprises avec une certaine méfiance, dont en particulier celle qui concerne la notion de gène. La notion de gène a fini par devenir le point par lequel Darwin a accédé à la démonstration, à la vérification expérimentale, à la science, quoi ! Vous savez sans doute qu’un peu avant, il y avait un type comme Lamarck qui avait eu le malheur de parler de la transmission des caractères acquis. C’est-à-dire que vous prenez quelqu’un, n’importe qui, qui vit sa vie, eh bien, sa descendance pourrait bien avoir des caractères acquis au cours de la vie de la personne, ça fait partie des hypothèses lamarckiennes. Evidemment actuellement elles ne sont pas persona grata… et pourtant, si vous regardez comment fonctionne une lignée, vous verrez qu’il y a des symboles, il y a un langage qui se transmet dans la lignée, de telle manière que la transmission des caractères acquis est un phénomène étroitement lié à la question du langage, alors peut-être pas de façon génique pour ne pas dire génétique, mais par le langage. Reste donc à faire quelque chose qui puisse permettre de tenir tout ça ensemble, c’est-à-dire de pouvoir parler de l’évolution autrement que sur le plan génique ou dans les termes du struggle for life. Il y a quelques années, à l’époque où je szondisais, où on essayait de parler de Szondi, vous vous souvenez, Léopold, ce bon Léopold, non ?

Public : …

(…)


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