Canet, le 23 octobre 2006 Réflexions sur la triadicité authentique

lundi 23 octobre 2006, publié par Michel Balat


Canet, le 23 octobre 2006

Réflexions sur la triadicité authentique

M. B. : Où on en est ?…

Public : À Inch Allah.

M. B. : …

Public : À Inch Allah.

M. B. : Inch Allah… Bon ! alors il faut que je replace un peu les choses dans l’ordre… On en était à…

Public : … la sémiose…

M. B. : Voilà ! à la question de la sémiose et de toutes ces choses-là. J’avais donc parlé du représentement, assez longuement, pour vous dire que le Vorstellungsrepräsentanz de Freud, ce que Lacan appelle le signifiant et Peirce le représentement, on est donc là dans les mêmes eaux, a été traduit « représentant de la représentation é, c’est une traduction qui a le mérite de donner une indication.
Alors ça fait un peu couillon, parce que ça voudrait dire qu’il existe une représentation dont on pourrait extraire un représentant. En fait, le représentant permet qu’il y ait représentation, mais, tant qu’il est représentant, il est représentant d’on ne sait quoi : par exemple, si vous demandez à quelqu’un « quel est votre métier ? », et qu’il vous répond « représentant », vous devrez avoir posé et résolu un grand nombre de questions avant que de savoir de quoi il est représentant, etc.

Donc, on voit bien là qu’il en va de la question du représentant comme de la relation triadique : de la même façon qu’il n’y a pas de relation triadique en soi, il n’y a pas de représentant en soi…

J’ai beaucoup insisté sur le fait que nous étions toujours dans des sémioses, dans des processus, c’est-à-dire des successions d’étapes élémentaires, qui, certes, peuvent être saisies à l’aide du concept de relation triadique, et seulement à cette condition, mais il n’y a pas de relation triadique en soi : il n’y a pas quelque chose qui serait une relation triadique qui se promènerait comme ça dans le ciel des idées, c’est quelque chose qui est toujours dans un processus.

Le représentant, lui, on pourrait l’aborder de plusieurs manières, on pourrait dire, par exemple, qu’il est virtuellement…, virtuellement, au sens où omettre les questions « oui mais, représentant de quoi ? », et « pour qui êtes-vous représentant ? », c’est le priver d’efficience… Vous voyez, c’est intéressant que de se poser des questions comme celle-là… Par exemple, lorsque Lacan, méditant sur la question du signifiant, dit « mais, finalement, le signifiant, c’est quoi ça ? »… étant entendu qu’il n’y a pas de signifiant en soi et que parler de signifiant en soi ne veut rien dire, il n’y a pas de représentant en soi mais quelque chose dont on peut dire que c’est virtuellement un signifiant. Mais, si on veut vraiment aller jusqu’au bout de ce raisonnement, il faut intégrer la dimension d’efficience et même d’efficience structurelle : il peut y avoir une efficience de structure…

Prenez une structure quelconque…, les nombres entiers, par exemple…, c’est une structure qui est générée par « plus un »… ça va ?…, d’accord ?… avec « plus un » vous pouvez générer tous les nombres entiers. Maintenant, prenons dix-huit, c’est un nombre entier, un nombre de la structure, donc, en tant que tel, il est parfaitement apte à être représentant de la structure, mais si vous ne le mettez pas en relation avec dix-sept et dix-neuf, il n’y a pas de structure pour autant… ça va ?… Chaque élément d’une structure est virtuellement un représentant de la structure, eh bien, il en va de même avec le représentement : le représentement est virtuellement une représentation.

(…)

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