Canet, le 24 mars 2014 - Le tableau de l’angoisse ( suite).

vendredi 30 mai 2014, publié par Michel Balat


Canet, le 24 03 2014- Le tableau de l’angoisse ( suite).

M. B. : Nous sommes le lundi 24 mars 2014.
Je reprends le tableau de lundi dernier.

J’insiste sur l’intérêt de ce tableau qui n’est pas cette fois-ci le parcours repris plusieurs fois sur l’empêchement, l’embarras, et tous ces machins-là, mais le rapport entre la sémiotique et le tableau. Je vous rappelle que c’est un tableau marqué par la négativité, ce que vous voyez apparaître en sémiotique n’est pas du fait de la présence de l’élément en question. Prenons la question de l’indice, une question que j’ai souvent abordée mais de façon un peu rapide, parce que je trouve que c’est la plus difficile en sémiotique, je vais donc commencer par là…

C’est l’indice qui crée le monde, ce qui est difficile à penser, ce n’est pas du tout le monde auquel on se réfère indiciairement qui est la pensée habituelle, dualiste que nous avons. Il y a le monde et des signes qui viennent se débrouiller avec le monde, cette conception est à remettre en question, je ne dis pas « éradiquer » parce qu’on ne peut pas s’empêcher de penser ainsi, moi compris, mais il n’empêche qu’il y a un travail à faire pour éviter ça, pour essayer de comprendre que c’est grâce aux indices à notre dispositions qu’on peut fabriquer le monde… Prenons l’exemple de Robinson Crusoe, il voit une trace de pas, il se trouve dans état de désêtre absolu très bien décrit Tournier dans son livre Robinson ou les limbes du pacifique…L’exemple que je prends est un peu vicié parce qu’il a déjà fréquenté des êtres, ce n’était pas un enfant sauvage mais il n’empêche que dans ce moment-là, quand il voit cette trace de pas, il ne se dit pas que c’est Vendredi mais le diable, c’est extraordinaire…

Dans son monde si fermé, il est incapable de penser à l’homme, et l’idée que l’indice est l’indice d’un homme est une idée fausse, qui n’est pas du tout présente dans le bouquin, c’est d’ailleurs très astucieux de la part de Daniel Defoe… Il n’arrive pas à ce moment-là à créer l’homme, il va lui falloir attendre un certain temps pour pouvoir arriver à en fabriquer un.

Le monde tient parce que nous avons des indices, sans indices, il ne tiendrait pas. Ce sont des réflexions qu’on peut avoir particulièrement avec le délire, il n’y a pas d’indices, le monde échappe totalement, un peu comme Robinson Crusoe, qui n’est pas dans la disposition de pouvoir référer à quelque monde que ce soit. Il est avec ce pas, comme dit Lacan, comme un poisson devant une pomme, il y a le diable, qui signifie ce qui est jeté en travers, le diabolon…

(…)

titre documents joints


Dans la même rubrique
SPIP 3.0.17 [21515] | XHTML 1.0 | CSS 2.0 | RSS 2.0 | Espace privé
Visiteurs Jour: 123 (717588)