Canet, le 29 janvier 2007 L’interprétant dynamique Elaboration autour du paiement des séances.

lundi 29 janvier 2007, publié par Michel Balat


Canet, le 29 janvier 2007

L’interprétant dynamique

Elaboration autour du paiement des séances.

M. B. : Bon, la dernière fois, si je me souviens bien, on avait fait tout un tas de trucs sur l’interprétant final avec la question du futur antérieur que nous avions réinterprétée vendredi dernier… (rires). Et j’avais promis d’entamer la question de ce qu’on appelle habituellement l’interprétant dynamique ou dynamoïde. Comme toujours, je ne réfléchis jamais entre deux séminaires, donc je ne sais pas du tout ce que je vais dire… l’interprétant dynamique, ça fait quand même des siècles qu’on en parle…

Au fond, à propos de l’interprétant, comme de tous les éléments qui interviennent dans la sémiose, se pose toujours la question de la secondéité. Ça nous intéresse la participation de la secondéité, ne serait-ce qu’au niveau de la tessère, puisque la tessère doit nécessairement être un objet de perception. Ça va, vous voyez quel est le rapport, oui ? Il en est de même pour l’objet. Bien entendu, il y a l’objet qu’on a dans la tête, celui qui est décrit dans l’Entwurf , avec les neurones et tout ça, mais en fait, réellement, là-dedans, ce dont il est question, c’est de l’objet non pas au sens secondal de la chose, ni même représentationnel, mais tel qu’il est pensé, ça va au-delà de la perception. Autrement dit, il s’agit là de l’objet qu’on qualifie plutôt en sémiotique d’objet immédiat, de l’objet immédiat de la pensée : ce qui est présent à l’esprit.

Et Peirce attirait l’attention sur le fait que l’objet avait aussi sa part dynamique, dynamique ça veut dire dans la dimension de secondéité. Mais on n’est pas toujours dans la secondéité pure… par exemple, l’objet dynamique ça peut être une pièce de théâtre de Shakespeare, parce que son être propre est différent de l’idée qu’on peut s’en faire. D’ailleurs, les objets immédiats sont des objets très évolutifs, alors que la pièce de Shakespeare, elle, a son unité propre, sa singularité, et c’est en ça que consiste sa dimension secondale. Je veux dire par là qu’il n’est pas absolument nécessaire que ces choses soient matérielles, au sens classique, la secondéité c’est un concept qui est plus large que ça, c’est quelque chose qui se met en opposition avec la priméité. La priméité de la pièce de Shakespeare c’est sa couleur particulière, on peut dire les choses comme ça, le type d’affects qu’elle touche, son allure, « ah oui ! dans Hamlet ils se tuent tous à la fin », ou le théâtre dans le théâtre… Vous voyez, on peut dire tout un tas de trucs sur Hamlet, et là on peut dire qu’on est au niveau de l’objet immédiat, c’est-à-dire la représentation immédiate qu’on peut avoir de Hamlet, ce que Hamlet évoque tout de suite.

Mais l’objet dynamique, lui, c’est autre chose. Ça ne veut pas dire que le Hamlet en question et tout ce que raconte la pièce soit subordonné à une existentialité externe pour autant. On pourrait dire que les choses peuvent être dépourvues de ce qu’on pourrait appeler l’existentialité externe, c’est-à-dire des seconds qui peuvent s’opposer entre eux. Ça va ? Tout à coup j’ai l’impression de parler grec là… Oui, je parle grec ? La dimension matérielle…, si je prends ce hanneton en bronze qui est posé sur mon bureau, on peut dire qu’il est plein de secondéité externe. L’objet dynamique, il est matériel, un anglais dirait que c’est un objet, parce que pour les anglais il faut que… (mains heurtées l’une contre l’autre), c’est le hard fact, il faut des choses comme ça. Bon, une pièce de théâtre ne se présente pas de la même façon, ce qui ne l’empêche pas de pouvoir être un objet dynamique aussi, dans la mesure où elle a sa singularité. Ce n’est pas innocent ce que je dis là, parce que, évidemment, c’est tout un problème. Est-ce « quasi existentiel » ?

(…)

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