Canet, le 22 octobre 2007 Autour de la logique de l’abduction. La nécessaire greffe du rien au coeur de notre travail

lundi 22 octobre 2007, publié par Michel Balat


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Canet, le 22 octobre 2007

Autour de la logique de l’abduction. La nécessaire greffe du rien au cœur de notre travail

M. B. : Nous sommes aujourd’hui le 22 octobre 2007. Samedi se tenaient les journées de l’AMPI à Marseille, et je suis désolé que personne d’ici n’y vienne ! Ça prend trois heures et demi, à la vitesse Sarkozy, donc c’est pas le diable… et puis c’est vraiment très intéressant.

Cette fois-ci Salomon Resnik n’était pas présent, il était fatigué, donc il a renoncé. Oury non plus, à cause des grèves, mais Danielle Roulot a lu un texte de Jean Oury, un texte très bien… (consultation du programme Les journées de l’AMPI) Patrick Chemla a fait un truc sur la folie très intéressant, superbe… Il y avait aussi Patrick Coupechoux, l’incontournable ; Pierre Evrard… très intéressant ; Martine Fournier, une fille épatante ; Patrick Faugeras, évidemment ; Pierre Delion ; un type super, d’Oviedo, Enrique Serrano, très chouette, vraiment… Il s’occupe des enfants, formidable ! Le tandem Balat-Lecarpentier, ça, c’était pas mal… ! un psychiatre de Marseille manifestement, que je ne connais pas, Nadim El Malki ; et Dimitri Karavokyros, qui est toujours là, puisque c’est lui qui organise Les journées de Laragne. Vous connaissez, non ? Parce que c’est intéressant… Vraiment, tout ça, c’est… Laragne, Reims et tous ces gens, ce sont quand même les derniers résistants de la psychiatrie, donc ça vaut le coup d’y aller parce qu’ils ont tous des trucs à dire, des trucs vraiment passionnants… Ce sont des lieux plus que fréquentables. S’il y en a parmi vous qui veulent aller à Reims, j’ai un bulletin d’inscription, mais enfin… vous êtes scotchés au Roussillon !
Quant à moi, j’ai fait quelque chose dans la veine logique, et samedi matin j’étais un peu stressé, pour tout vous dire… On parle toujours de logique de ceci, de cela, et il faudrait se mettre un peu d’accord… J’ai alors parlé de la logique du vague et de la logique du général : qu’est-ce qui se passe quand on affaiblit un des principes logiques fondamentaux ? Comme vous le savez, il y en a trois, je n’ai pas besoin…

G. P. : Rappelle-les nous quand même…

Public : (rires)

M. B. : D’accord, mais c’est vraiment pour vous rafraîchir la mémoire… (rires) Le premier principe, c’est le principe dit d’identité, A est A. Sans lui on ne pourrait même pas écrire A puisque A pourrait ne plus être A quand on le relirait, donc c’est un principe qui a l’air incontournable, celui-là, et très difficile à remettre en question, et pourtant, on peut, et nous le ferons d’ici quelques temps.

Ensuite, le second principe, c’est le principe dit de contradiction : rien ne peut être à la fois A et non A.

Le troisième principe, c’est le principe du tiers exclu, qui fait rêver tout le monde… In english, c’est the excluded middle…

C’est intéressant : on exclut le moyen, le milieu. Et quand on enlève le troisième, on garde une logique particulière qui est la logique du général. J’en ai parlé au moins cent fois ici ; là-bas, c’était la première fois, mais ici, vous savez tout ça par cœur…

Si l’on exclut le deuxième principe, c’est-à-dire celui de contradiction, on obtient la logique du vague ; le premier, c’est-à-dire le principe d’identité, lui, ne se trouve pas dans un continu, parce que rien n’y est absolument auto-identique puisque tout ce qui est présent est lié à ce qui suit et à ce qui précède. Si l’on pouvait l’isoler, et dire A = A, eh bien, on aurait quelque chose qui serait discontinu. Donc on peut dire que le principe d’identité vient introduire de la discontinuité dans le continu, ce qui signifie que le continu ne respecte pas le principe d’identité. Le fait que les éléments du continu ne soient pas auto-identiques, et même qu’il n’y ait pas d’éléments du continu est intéressant. C’est un autre type de pensée… On est obligé de considérer les choses autrement.
Puisqu’on dit que rien n’est à la fois A et non A, ça veut dire que la logique du vague est la logique du rien, donc quand on fonctionne selon la logique du vague, ça veut dire qu’on greffe du rien sur ce dont on parle… Ça fait référence aux « greffes d’ouvert » d’Oury. On greffe du rien, c’est-à-dire qu’on regarde les choses du point de vue du rien : le rien d’une certaine façon est le lieu du possible, puisqu’au fond, du rien, tout est possible. Dès que l’on quitte le rien, on rentre dans des choses qui ne sont plus possibles, donc de l’impossible. D’ailleurs, Lacan disait très bien ça, il disait « Le Réel, c’est l’impossible »… bien entendu, de ce point de vue-là. C’est donc une logique qui est évidemment très intéressante, puisque c’est celle qui permet en quelque sorte de possibiliser les choses. Alors j’ai pris un exemple un peu amusant pour montrer la différence.

M. B. : Nous sommes aujourd’hui le 22 octobre 2007. Samedi se tenaient les journées de l’AMPI à Marseille, et je suis désolé que personne d’ici n’y vienne ! Ça prend trois heures et demi, à la vitesse Sarkozy, donc c’est pas le diable… et puis c’est vraiment très intéressant.

Cette fois-ci Salomon Resnik n’était pas présent, il était fatigué, donc il a renoncé. Oury non plus, à cause des grèves, mais Danielle Roulot a lu un texte de Jean Oury, un texte très bien… (consultation du programme Les journées de l’AMPI) Patrick Chemla a fait un truc sur la folie très intéressant, superbe… Il y avait aussi Patrick Coupechoux, l’incontournable ; Pierre Evrard… très intéressant ; Martine Fournier, une fille épatante ; Patrick Faugeras, évidemment ; Pierre Delion ; un type super, d’Oviedo, Enrique Serrano, très chouette, vraiment… Il s’occupe des enfants, formidable ! Le tandem Balat-Lecarpentier, ça, c’était pas mal… ! un psychiatre de Marseille manifestement, que je ne connais pas, Nadim El Malki ; et Dimitri Karavokyros, qui est toujours là, puisque c’est lui qui organise Les journées de Laragne. Vous connaissez, non ? Parce que c’est intéressant… Vraiment, tout ça, c’est… Laragne, Reims et tous ces gens, ce sont quand même les derniers résistants de la psychiatrie, donc ça vaut le coup d’y aller parce qu’ils ont tous des trucs à dire, des trucs vraiment passionnants… Ce sont des lieux plus que fréquentables. S’il y en a parmi vous qui veulent aller à Reims, j’ai un bulletin d’inscription, mais enfin… vous êtes scotchés au Roussillon !

Quant à moi, j’ai fait quelque chose dans la veine logique, et samedi matin j’étais un peu stressé, pour tout vous dire… On parle toujours de logique de ceci, de cela, et il faudrait se mettre un peu d’accord… J’ai alors parlé de la logique du vague et de la logique du général : qu’est-ce qui se passe quand on affaiblit un des principes logiques fondamentaux ? Comme vous le savez, il y en a trois, je n’ai pas besoin…

G. P. : Rappelle-les nous quand même…

Public : (rires)

M. B. : D’accord, mais c’est vraiment pour vous rafraîchir la mémoire… (rires) Le premier principe, c’est le principe dit d’identité, A est A. Sans lui on ne pourrait même pas écrire A puisque A pourrait ne plus être A quand on le relirait, donc c’est un principe qui a l’air incontournable, celui-là, et très difficile à remettre en question, et pourtant, on peut, et nous le ferons d’ici quelques temps.

Ensuite, le second principe, c’est le principe dit de contradiction : rien ne peut être à la fois A et non A.

Le troisième principe, c’est le principe du tiers exclu, qui fait rêver tout le monde… In english, c’est the excluded middle…

C’est intéressant : on exclut le moyen, le milieu. Et quand on enlève le troisième, on garde une logique particulière qui est la logique du général. J’en ai parlé au moins cent fois ici ; là-bas, c’était la première fois, mais ici, vous savez tout ça par cœur…

Si l’on exclut le deuxième principe, c’est-à-dire celui de contradiction, on obtient la logique du vague ; le premier, c’est-à-dire le principe d’identité, lui, ne se trouve pas dans un continu, parce que rien n’y est absolument auto-identique puisque tout ce qui est présent est lié à ce qui suit et à ce qui précède. Si l’on pouvait l’isoler, et dire A = A, eh bien, on aurait quelque chose qui serait discontinu. Donc on peut dire que le principe d’identité vient introduire de la discontinuité dans le continu, ce qui signifie que le continu ne respecte pas le principe d’identité. Le fait que les éléments du continu ne soient pas auto-identiques, et même qu’il n’y ait pas d’éléments du continu est intéressant. C’est un autre type de pensée… On est obligé de considérer les choses autrement.
Puisqu’on dit que rien n’est à la fois A et non A, ça veut dire que la logique du vague est la logique du rien, donc quand on fonctionne selon la logique du vague, ça veut dire qu’on greffe du rien sur ce dont on parle… Ça fait référence aux « greffes d’ouvert » d’Oury. On greffe du rien, c’est-à-dire qu’on regarde les choses du point de vue du rien : le rien d’une certaine façon est le lieu du possible, puisqu’au fond, du rien, tout est possible. Dès que l’on quitte le rien, on rentre dans des choses qui ne sont plus possibles, donc de l’impossible. D’ailleurs, Lacan disait très bien ça, il disait « Le Réel, c’est l’impossible »… bien entendu, de ce point de vue-là. C’est donc une logique qui est évidemment très intéressante, puisque c’est celle qui permet en quelque sorte de possibiliser les choses. Alors j’ai pris un exemple un peu amusant pour montrer la différence.

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