Canet, le 26 novembre 2007, C’est quand ça ne va pas que ça peut aller (ou assumer l’embarras de l’effraction du pare-excitation)

vendredi 26 octobre 2007, publié par Michel Balat


Canet, le 26 11 2007

C’est quand ça ne va pas que ça peut aller
(ou assumer l’embarras de l’effraction du pare-excitation)

M. B. : Nous sommes le 26 novembre 2007. Je vais reprendre un petit peu tout ça et essayer d’avancer, d’autant que j’ai pu discuter en public avec Oury mercredi dernier lors du séminaire qu’il anime tous les mois à Sainte Anne, et que j’y ai parlé de mes trucs.

Nous en étions restés en gros à l’idée que je répète, même si elle reste encore un peu brute, et il sera nécessaire de la saisir sous plusieurs points de vue, nous en étions restés à la question un peu baroque : quand est-ce que l’enfant parle pour la première fois ? Si vous me dites que c’est idiot, je serai d’accord avec vous. Je ne trouve pas vraiment que ce le soit, mais je serai d’accord avec toute personne qui me le dirait, parce que c’est plus compliqué (rires). La question est trop sommaire parce qu’il n’y a pas de raison pour qu’il y ait un moment précis où l’on se mette tout à coup à dire, donc a priori je suis prêt à tout compromis sur le fait que ça se passe sur un certain laps de temps, on peut dire qu’il s’agit d’une sorte de phase d’éveil de l’enfant à la parole, d’éveil à la fonction scribe. Il nous importe peu de savoir si cela se passe sur un moment particulier, par contre il est intéressant d’observer l’enfant dans cette phase, et de pouvoir saisir la pertinence éventuelle de ce que l’on raconte.

En tout cas, au point de départ, la question de l’accès de l’enfant au langage prenait appui sur la position sémiotique que je défends, à savoir qu’on ne peut avoir la saisie de ce qu’est un mot ou de ce qu’est une proposition si l’on n’a pas d’abord une familiarité avec l’argument. Je vous rappelle que nous étions partis des pinsons des Galápagos. En fait, les pinsons des Galápagos sont célèbres. Vous avez ça dans le Good Book, L’origine des espèces , le livre qui a révolutionné le monde, qui a donné naissance à Freud, Peirce et à bien d’autres. Il n’empêche que cette histoire de pinsons me semblait être l’occasion de dire que l’homme est un être de langage. De plus, le terme de parlêtre… Lacan avait réfléchi à ce qu’il disait, enfin je ne sais pas s’il avait réfléchi vraiment parce que je ne sais pas s’il y a des réflexions là-dedans, je ne sais pas si l’on réfléchit. Il y a des gens qui réfléchissent, mais il y en a aussi qui ne réfléchissent pas. C’est vrai, réellement. Pour ce qui me concerne, je ne crois pas réfléchir : cet exercice me fatigue. Je pense des conneries, mais quand je ne réfléchis pas, j’arrive parfois à dire des trucs qui m’intéressent, donc vous voyez que c’est très paradoxal. La réflexion nécessite qu’on soit vraiment très intelligent, sans quoi on ne dit que des conneries. Mais quand on dit de façon directe des conneries, eh bien, on peut parfois dire quelque chose d’intéressant. C’est un peu sommaire, mais comme je n’y ai pas réfléchi ! (rires)

N. C. : Les conneries n’émergent pas comme ça, quand même !

(…)

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