Greffe de transfert, bouture de fantasme

vendredi 17 juin 2005, publié par Michel Balat


Je voudrais vous parler d’une certaine espèce botanique qu’on appelle communément « fantasme » ; cette espèce a été jusqu’ici surtout étudiée sur les terrains dits « névrotiques », où elle est particulièrement luxuriante (certains disent même « luxurieuse ») quoique se développant d’une façon essentiellement souterraine. Cependant, il arrive que sur certains de ces terrains (à forte composante hystérique), elle prolifère jusqu’à envahir tout l’espace, et, comme on dit alors : « elle prédomine sur le champ de la conscience ». Par contre, le problème reste controversé de la croissance du fantasme sur les terrains dits « psychotiques ». Certains contestent même qu’il puisse pousser sur ces terrains. D’autres (mais, à mon avis, c’est un manque de rigueur) tendent à le confondre avec une autre espèce, qui par contre y prolifère, appelée « délire », ce qui revient à considérer le délire comme une variété inhabituelle de fantasme, simplement trop exubérante et inadéquate en ce qu’elle s’étale au grand jour. On parle aussi d’un mode d’enracinement particulier de cette variété, dit « enracinement dans la conviction délirante ».
Cette « métaflore » vous a déjà indiqué que je voudrais parler de la problématique du fantasme dans la psychose. C’est une problématique centrale, aussi bien au niveau de ce qu’on aimerait bien pouvoir qualifier de « prise en charge analytique » qu’au niveau de ce qu’on appelle « vie institutionnelle », ou « tissu institutionnel ».
Pour définir le fantasme, je vais essayer d’aller vite... Il faut d’abord que j’annonce un petit peu ma promenade au jardin des espèces. Donc, je voudrais essayer de redéfinir rapidement le fantasme, essentiellement en me référant à Freud. Ensuite, je poserai le problème du fantasme dans la psychose. Dans un troisième temps, Je voudrais aborder le problème des fantasmes originaires, en particulier de celui qui me préoccupe le plus en ce moment, qui est le fantasme de la scène primitive. Et j’enchainerai sur deux cas cliniques.

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