L’opération de Peirce-Sheffer et l’Inconscient

Cruzeiro Semiotico, N°13, 07/90

mercredi 15 juin 2005, publié par Michel Balat


Imaginons-nous maintenant dans un des marchés de Dakar, par exemple. La foule y est imposante, une impression de multitude s’en dégage. La couleur noire de la peau des chalands contribue à l’impression générale d’uniformité bariolée, de non-singularité, pour l’observateur à peau héliophobe. Pourtant, à y regarder de plus près, on s’aperçoit qu’il n’y a pas deux personnes qui portent des vêtements identiques. Etait-il nécessaire de se transporter à Dakar pour faire une telle constatation ?! Des traits vestimentaires permettent la comparaison dichotomique a posteriori : par couleur, genre de vêtement, type de col, etc. La saisie de la différence précède la rationalisation de celle-ci, mais cette rationalisation permet d’asseoir puis de développer cette abduction primaire : tous les vêtements sont différents. Le même trait par lequel sera saisie la distinction sera celui par lequel quelque ressemblance surgira. Mais est-ce bien le même trait dans les deux cas ? Tout d’abord - prenons par exemple le trait « chemise à col ouvert » - ce trait se donne comme une possibilité universelle et fait ainsi partie du « stock » universel de prédicats que nous avons à disposition. C’est un prédicat non-relatif (non relationnel) et, à cette étape, un simple « ton », le ton « chemise à col ouvert », saisi comme un tout, original. Bien entendu, un tel « ton » n’est saisi que parce qu’il est incorporé dans quelque chemise « obsistante », actuelle, contrairement à celle du roi nu du conte.

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