"La Pataugeoire" d’Anne-Marie Latour réédité

jeudi 12 juin 2014, publié par Michel Balat


J’ai le très grand plaisir de vous faire part de la ré-édition de l’ouvrage « La pataugeoire ; contenir et transformer les processus autistiques » par les éditions Erès.

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Sommaire de l’ouvrage
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La pataugeoire

Il s’agit d’une édition actualisée et augmentée : le texte initial a été conservé mais une nouvelle introduction permet d’affirmer la pertinence de cette approche dans le contexte (polémique) actuel.

D’autre part, des compléments placés en fin d’ouvrage témoignent de questions nouvelles et d’avancées dans la compréhension et le maniement de la technique :
« la manipulation concrète de l’eau et des objets favorise la formation de catégories essentielles telles l’espace, le temps, la permanence, la conservation, la réversibilité, etc., et facilite la création de liens de causalité, indispensables à la structuration et au développement d’une pensée. Dans le cadre d’une pataugeoire, expérimenter, jouer, recréer, mobilisent toutes les ressources de l’enfant via l’exercice de sa motricité fine ou globale. Ce « travail de fond » vient potentialiser et consolider ses fonctions intellectuelles dans des mises en forme ludiques qui apparaissent pour eux comme de véritables trouvailles.

La structuration du moi corporel est ensuite réexaminée en approfondissant le problème de son organisation spatiale. Dans les états archaïques, il apparaît que le corps n’est perçu que comme matière ou substance qu’il devient urgent de délimiter et contenir dans une forme, celle-ci devant en outre résister aux mouvements. Cette prégnance de la matérialité du corps se traduit dans un comportement singulier en adhésivité, en collage aux qualités matérielles de l’environnement, que nous appelons échotonie. S’y oppose dans le travail thérapeutique, le jeu avec les objets dont le choix par l’enfant semble relever d’une véritable expérience esthétique ; il permet en outre de soutenir le passage pour le psychisme de l’enfant, d’une fonction « auto » à une dynamique spéculaire puis réflexive.

La nécessité de donner forme au corps, ou plus exactement aux sensations du corps, passe par des étapes maintenant bien repérées et décrites dans l’ouvrage. Ces étapes sont des préalables à la construction et la stabilisation du contenant corporel, c’est-à-dire du sentiment d’avoir un corps, que celui-ci soit stable, organisé, délimité et enfin approprié. Elles sont, pour cette raison, appelées images du corps pré-contenantes. L’une d’entre elles, le « moi-tuyau » sera approfondie.

La pataugeoire est un des dispositifs les plus adaptés pour partir tranquillement à la découverte du corps et pour sa « construction ». Il apparaît dans cet espace que tout peut concourir à expérimenter et raconter le corps. Habituellement, les relations corporelles, puis les jeux partagés de la petite enfance sont les expériences permettant de s’approprier progressivement les qualités, les compétences mais aussi les impossibilités du corps propre, ses dimensions émotionnelle, cognitive et instrumentale. Les enfants avec autisme singulièrement sont peu disposés aux jeux de corps à corps et même à ces jeux partagés qu’il faudra pourtant bien mobiliser. Or, une pataugeoire se constitue elle-même, au fil des séances, comme un corps intéressant à explorer et connaître. L’hypothèse qu’elle peut fonctionner comme un analogon du corps, permettant bien des activités et des expérimentations en médiatisant les découvertes et les échanges entre enfant et soignant, sera développée. »

bien cordialement,
Anne-Marie Latour


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