PSYPROPOS 2013 : « Le désir à l’épreuve des normes » + Journée de formation CROIX-MARINE Prévenir les risques de passage à l’acte suicidaire

vendredi 1er novembre 2013, publié par Michel Balat


Samedi 23 novembre 2013 au Musée des Beaux Arts, Orléans (1, rue Fernand Rabier)

Accueil des participants : 10h Elisabeth Demessine, Eric Labussière, Valérie Viginier.

Modération de la matinée : Eléonore Franceschini et Elisabeth Batier

10h 30 : Simone KORFF SAUSSE (Psychanalyste, membre de la SPP. Docteur en psychopathologie fondamentale et psychanalyse, maître de conférence à l’université Denis Diderot Paris 7) :
« La norme tue le désir »

11h 15 : Delphine LOISEAU (Professeur d’Arts Appliqués) : « J’ai un bon mobile, celui d’être instable »

12h 30 : visite de l’exposition d’Art Brut André ROBILLARD 13h : Pause déjeûner

Modération de l’après-midi : Michel Lecarpentier
14h 45 : Bernard STIEGLER (Philosophe) : « Capitalisme et pulsion »

15h 30 : Jean OURY (Psychiatre, psychanalyste) : « Le désir, sa structure inconsciente inaccessible directement. Problème majeur de l’épistémologie de la psychanalyse. Son accès par la « sous-jacence », « l’acting-out », le « passage à l’acte » et le « fantasme ».

16h 15 : Débat 17h : Clôture de la Journée

Argument : Le désir et la norme sont tous deux problématiques. Si le premier concept évoque l’aliénation psychique et la structure de l’Inconscient dans son rapport au langage, la seconde notion se réfère à l’aliénation sociale.
Tu apprendras par l’épreuve, Pathei Mathos, disait déjà Eschyle, situant le pathos, ce passage inévitable entre destin et contrainte. La déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen proclame : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. » La construction et les processus d’humanisation dans la cité confrontent chacun à cette affirmation de liberté idéale à l’épreuve du réel de la réalité sociale et du désir.
La société s’organise en fonction de ses lois d’échanges ; chacun s’y trouve inséré, dans une économie qui mesure, évalue, investit, offre, sélectionne, hiérarchise, classe, dès le plus jeune âge, ses citoyens dans l’organisation d’une économie restreinte au processus de production-consommation dominant. La fonction politique de la norme est de proposer le cadre d’une intégration : tous ceux qui pourront s’y conformer et s’y adapter, trouveront une place et ne seront pas marginalisés.

Michel Foucault distingue normation, réfèrée à un idéal, et normalisation statistique. La modélisation normative, active à bas bruit, travaille silencieusement les conduites humaines : la promotion du mot handicap est sur ce point édifiante. Dans sa théorie de la médiation, Jean Gagnepain situe la norme comme concept central du plan éthique qu’il articule avec les plans logique (le signe), ergologique (l’outil), et sociétal (la personne). Georges Canguilhem parle de normativité : tout vivant affirme ses propres normes, elles lui permettent d’affronter le milieu ou de lui résister, dans d’autres conditions, il est capable d’instituer d’autres normes.

Qu’en est il du désir ? Dès 1900 Freud souligne : « Le rêve est un acte psychique complet, sa force pulsionnelle est dans tous les cas un désir à accomplir. » L’être humain est un être de désir. Jean Oury précise : « le désir-inconscient-indestructible est inaccessible directement ». Pour Lacan : dès sa naissance, celui ou celle qui désire ne vise pas seulement la satisfaction d’un besoin, mais s’adresse, par nécessité, à un autre pour lui demander s’il ou elle est désiré(e) : demande d’amour dont la visée est aussi d’entendre une parole structurante. Dans la constellation familiale, cet appel rencontre un écho plus ou moins pertinent, chacun étant renvoyé à sa propre angoisse, à son propre désir, à son ambivalence.

Pour Freud, « Des désirs insatisfaits sont les forces pulsionnelles de l’imagination poétique. », pour Hölderlin « L’homme habite en poète » et Tosquelles accorde « fonction poétique et psychothérapie » : comment préserver cette fonction poétique de l’homme et du langage dans les pratiques sociales, éducatives et de soins en psychiatrie notamment où le grand renfermement fait aujourd’hui retour ?

Dans l’économie actuelle, intoxiquée de logiques normées, de dispositifs normalisants, d’offres privilégiant la désirabilité et le conditionnement du désir, comment soutenir la possibilité de penser l’accueil du singulier ? Quelle éthique du respect de chaque existence humaine peut-elle s’élaborer à l’épreuve des aliénations et au carrefour du désir et des normes ? Comment favoriser le cheminement personnel dans les champs collectifs qui doivent s’ouvrir aux logiques de l’économie générale au sens de Georges Bataille ?

Bulletin d’inscription à adresser dès que possible chez Patrice RIDOUX 9, rue vieille levée 45100 Orléans. avec votre chèque à l’ordre de PSYPROPOS
Les montants comprennent l’inscription et les actes des journées - par défaut inscription sur place -

Nom : Prénom :

Adresse :

E-mail :

Adhésion annuelle (Soutien à l’association Psypropos) : 10 € ❑

Inscription pour Blois & Orléans :

UNE JOURNEE ORLEANS ❑ 40€ ❑

- Tarif étudiant 25€ ❑


FÉDÉRATION D’AIDE À LA SANTÉ MENTALE JOURNÉE DE FORMATION CONTINUE CROIX-MARINE COORDINATION RÉGIONALE CENTRE
- Reconnue d’utilité publique - Organisme Formateur n° : 11 75 203 79 75 siret n° : 347 399 701 00023 ape : 913 E

JOURNÉE AGRÉÉE par l’A.N.F.H. et l’U.N.I.F.A.F.

Mardi 19 novembre 2013 de 9 h à 17h à la Clinique de Saumery
37, Rue de Saumery 41350 Huisseau-sur-Cosson. Tél. : 02 54 51 28 28

PREVENIR LES RISQUES DE PASSAGE A L’ACTE SUICIDAIRE,
dans les champs social, médico-social, sanitaire et familial. »

Argument « En France, chaque année, au moins 220.000 tentatives de suicide sont dénombrées par l’Instituit de Veille Sanitaire et 10.400 personnes en décèdent. Dans les six départements de la Région Centre, il est constaté une surmortalité de 25% qui inquiète les pouvoirs publics. Au-delà de la disparité des risques selon les âges, la différence sexuelle (3 décès sur 4 touchent des hommes et 1 sur 4, des femmes), on peut repérer des inégalités sociales et géographiques. Nombre de passages à l’acte ont lieu en établissement d’accueil ou spécialisé. Nombreuses aussi sont les personnes qui ont consulté dans les jours ou semaines précédant leut acte.

Si les statistiques restent souvent incomplètes, les données épidémiologiques sont aussi trop grossières pour offrir un support suffisant à tous ceux qui personnellement ou professionnellement vivent ou connaissent dans leur entourage, des problématiques avec risque de passage à l’acte suicidaire.
Les professionnels des champs médicaux, sanitaires, éducatifs, pédagogiques, judiciaires et sociaux ne sont pas protégés eux-mêmes de cette thématique humaine qui traverse les siècles, ils sont souvent au contact de personnes en souffrance qui expriment ou font craindre un risque de passage à l’acte, même s’ils n’en explicitent pas l’intention. L’expérience commune, vécue et partagée par tous, atteste que, le plus souvent, il n’est pas possible de garantir à soi seul, le passage vers un autre horizon moins périlleux.

A qui donc faire appel ? Comment greffer ce nouveau contact indispensable ? De qui espérer une réponse qui offrira un recours et une possibilité d’envisager la situation dans toute sa complexité (médicale, familiale, sociale, professionnelle, etc.) ? Est-il possible de traiter ou contre-balancer la « composante réactionnelle » souvent décisive, de manière que la personne puisse reprendre un cheminement lui permettant de dépasser et d’assumer la phase critique ? Comment assurer ensuite une continuité de cette thérapeutique multiréférentielle, maintenir un lien transférentiel avec l’intéressé(e), son entourage, et la disponibilité de la constellation de ceux qui comptent parmi les intervenants professionnels fréquentés ?

La journée permettra de se questionner sur les divers types de prévention distingués par l’Organisation Mondiale de la Santé. Ainsi, la prévention primaire (empêcher l’apparition du phénomène de la crise suicidaire), secondaire (permettre la résolution sans passage à l’acte, de la crise) et tertiaire (tendre à préserver d’une récidive) sont-elles trois temps indissociables de l’approche collective de cette problématique humaine la plus subjective et la plus universelle. Depuis sa naissance, chacun a affaire à la question des générations qui l’ont précédé et mis au monde. La prévention primaire dépend de l’Histoire et de la géographie humaine des territoires, bien au-delà de la simple mise en œuvre d’une information générale : les effets délétères ou bénéfiques des personnes et des établissements à la rencontre desquels se forme la personnalité, devraient pouvoir être questionnés (maternité, famille, crèche, école, associations culturelles et sportives, État, champ social et de la citoyenneté...) ; la possibilité d’y interroger en toute circonstance ce remarquable préalable hippocratique « d’abord ne pas nuire » en est le socle essentiel. Sur le plan social et familial, l’accueil, ouvert à ce qui est le plus singulier en chacun, l’écoute « à bas seuil d’exigence » » et la possibilité d’un écho respectueux à toute manifestation personnelle symptômatique d’une souffrance, d’un mal-être, ou d’une discordance, sont les bases de la prévention secondaire qui vise à procurer un espace ou se conjoignent déjà la prévention et la prise en charge thérapeutique. Enfin, la continuité des soins actifs, le maintien des liens familiaux et de l’insertion scolaire ou professionnelle et sociale constituent la base de la prévention tertiaire.

Gageons que l’Observatoire Nationnal du Suicide annoncé le 10 septembre 2013 par le Ministre de la Santé, Marisol Touraine sera un outil important d’analyse, de prévention et de lutte contre ce qui constitue une des plus graves problématiques de Santé Publique aujourd’hui et qui n’est pas une fatalité.

Dr Michel Lecarpentier

PROGRAMME DE LA JOURNÉE

09 H Inscriptions Accueil 9 h30 : Présentation et animation de la journée
Docteur Michel LECARPENTIER (psychiatre, Délégué Régional Croix-Marine Centre)

9 h 35 : « Politiques de prévention du suicide : Je t’aide, moi non plus…. »
Dr Marc FILLATRE (psychiatre, responsable de l’unité pour adolescents du CHU de Tours, vice-président de l’Union Nationale de Prévention du Suicide, président du réseau VIES 37)

Discussion avec la salle

10 h 25 : « Histoire de la prévention et de ses dérives possibles. Limites de la suicidologie comme science. Utilité de l’observatoire national du suicide. »
Philippe CARETTE, Docteur en psychologie, directeur du Centre Popincourt à Paris 11ème, cofondateur de la FEALIPS (Fédération Européenne des Associations luttant contre l’Isolement et pour la Prévention du Suicide)

Discussion avec la salle

11 h15 : Pause (Présence de la radio RCF)

11 h 45 : « Missions de la FRAPS. Coordination Suicide de Loir-et-Cher : groupe de travail transdisciplinaire (lieux de soin, lycées, maison des ados, médecins scolaires, Unafam..) sur la prévention du suicide, plan stratégique régional de santé (PSRS). »
Mme Christelle LUBINEAU, responsable de l’antenne territoriale de Loir et Cher de la FRAPS

Discussion avec la salle

12 h 30 : DEJEUNER sur place (s’inscrire)

14 h : « Suite à un accident de voyageur... » Qu’est-ce qui pousse nos contemporains à se mettre en travers de la voie ? »

Dr Nathalie GISBERT, (psychiatre) Clinique de Saumery

« Situations cliniques à Saumery : le Club Thérapeutique comme dispositif de réanimation psychique des adultes et des adolescents. Prévenir les passages à l’acte ? Contenir, comprendre et interpréter les auto-agressions. Accueillir le risque du déchaînement pulsionnel en évitant l’isolement des personnes en danger et celui des professionnels. »

Discussion avec la salle

15 h 15 : « Conduites à risque et suicide : la survie psychique ne s’éprouve parfois qu’au prix de l’ordalie et les produits dits toxiques peuvent paradoxalement aider à vivre. »

Dr Sylvain LAMBERT, psychiatre, Service d’Addictologie du CHU de Nantes, responsable d’une unité de prise en charge des Troubles des Conduites Alimentaires

Discussion avec la salle

16 h : Débat général sur l’ensemble des travaux. 17 h : fin de la journée

À NOTER : JOURNEES D’ETUDE PSYPROPOS : « LE DESIR A L’EPREUVE DES NORMES »
Samedi 23 novembre 2013 à Orléans (Musée des Beaux Arts, près la Cathédrale) :
Simone KORFF-SAUSSE ( Psychanalyste), Delphine LOISEAU (Professeur d’Arts Appliqués), Bernard STIEGLER (Philosophe), Jean OURY (Psychiatre, psychanalyste)


FICHE INDIVIDUELLE D’INSCRIPTION : MARDI 19 NOVEMBRE 2013 : « PREVENTION SUICIDE »
Inscription individuelle : 30 Euros Formation Continue : 60 Euros UNAFAM : 15 euros
NOM.....................................Prénom......................Profession.......................................e-mail :………………………..………. Adresse..................................................................................................... Souhaite avoir : Une convention OUI NON Une facture acquittée OUI NON
Une attestation de présence OUI NON Autre........................................ Repas : 10 Euros à l’ordre de : « Saumery »

Règlement : • Par chèque à l’ordre de CROIX-MARINE • Par virement bancaire à l’ordre de FASM CROIX-MARINE
Organisme Formateur n° : 11 75 203 79 75 siret n° : 347 399 701 00023 ape : 913 E
Nouvelles coordonnées bancaires : Caisse d’Épargne Ile de France C/Etabl. : 17515 C/Guichet : 90000 Compte n° : 08172088534 C/rib : 78
Merci de retourner votre bulletin d’inscription pour le samedi 16 novembre 2013 à Mme Marie-Christine HIEBEL :
Direction pôle psychiatrie CHU Bretonneau, 2 bld Tonnelé 37000 Tours tél : 02 47 47 97 52 mc.hiebel@chu-tours.fr ______________________________________________________________________________________________
COORDINATION RÉGIONALE CROIX-MARINE CENTRE 120, Route de Tour-en-Sologne 41700 COUR-CHEVERNY
TÉL. : 02 54 79 77 70 FAX : 02 54 79 77 96 ou par E-mail : croix.marine.centre@wanadoo.fr


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