Pour faire le portrait... par Antoine Viader

jeudi 20 février 2014, publié par Michel Balat


Pour faire le portrait...

Antoine Viader

Word - 78 ko
Pour faire le portrait…

Francois Tosquelles, j’y pense souvent, jusqu’à faire son portrait. Chacun connaît le poème de Jacques Prévert : « Pour faire le portrait d’un oiseau »... En ce qui concerne François Tosquelles, il n’avait pas besoin qu’on lui dessine de cage, même ouverte....

Je me souviens du film de Ruspoli : « La fête prisonnière », tourné à saint Alban en 1961 à l’occasion d’une fête où, comme d’habitude, les villageois, les soignants et les malades se rencontraient et faisaient la fête ensemble. Je crois que Ruspoli a déniché une fenêtre dans le « château » où il y avait encore des barreaux. Ce qui pouvait justifier peut-être le mot prison... peu importe...

François Tosquelles nous a quittés en 1994 sans laisser d’adresse. Bien sûr, physiquement, il gît dans le caveau familial de Granges sur Lot. Mais, nous a-t-il vraiment quittés ? Lui même l’avait dit à propos des morts : « Tant qu’on pense à eux, qu’on parle d’eux, ils restent vivants ».

Pour faire le portrait de François Tosquelles, il faudrait quelques pages d’écriture.
Ce serait donc une légende :

Alors, écrire en pensant à lui, esquisser quelques traits de son visage, peut être...
Comment le formuler ?

Je ne vais pourtant pas écrire sur lui, de lui, pour lui. Pourrais je écrire « avec » lui ?
Il faudrait le rejoindre à l’horizon de son paysage, de notre paysage dans un échange sans parole...

Je ne parlerai que très peu d’anecdotes, de rencontres avec les uns et les autres, de ses écrits, et même, si ça se trouve, entre lui et moi.

Je tenterais d’envisager sa démarche intérieure plutôt que ses mouvements extérieurs, mais peut on séparer ces deux approches...

Si je me permets d’écrire ainsi, c’est que je l’ai connu, admiré et aimé et qu’il reste, pour moi, présent à ma propre pensée, aussi proche qu’avant.

J’ai écrit, ailleurs, que François Tosquelles était un authentique habitant du langage. On pourrait de nouveau lui ouvrir ce lieu, comme il l’a fait pour les autres, que Henri Maldiney nomme (c’est le titre de l’un de ses livres) : « Aître de la langue et demeures de la pensé ».

Donc habitant mais aussi passager. Il faut bien assumer le voyage de la vie et prendre ce train, le... « Au train où vont les choses »... d’un auteur qui n’était pas un philosophe professionnel mais un dessinateur de Bd, le dénommé « Fred ».

On pourrait même dire que l’humour, c’est la poésie de la tristesse.

(…)


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