Ce qui s’est appelé psychiatrie en France

par Jean Pierre Rumen

vendredi 25 août 2017, publié par Michel Balat


Je viens de retrouver, en fouillant dans mes archives, ce texte dont l’envoi était ainsi formulé :

"Bonjour Monsieur. J’étais au colloque de Blois du 28.02.2008 et j’ai eu grand plaisir à vous écouter. J’ai pensé que nos préoccupations étaient proches et je me permets de vous adresser un article récent qui, j’espère, retiendra votre attention. Croyez à mes sentiments bien cordiaux. JPR"

Le voici, tel qu’il m’a été remis.

M. B.

Ce qui s’est appelé psychiatrie en France après les quatre décennies qui ont suivi la défaite de l’hitlérisme et qui a marqué une considérable avancée de la civilisation n’est désormais plus possible. L’œuvre de destruction aura été incomparablement plus efficace, plus rapide que la construction. Pas tout à fait achevée, on s’emploie à la parfaire en ridiculisant jusqu’à l’idée de possibilité de modification mentale, de travail de la parole : alors fleurissent d’innombrables méthodes psychothérapiques, toutes éradicatrices de symptôme, d’innombrables "psys" qui, bien entendu réclament la garantie de l’Etat. La "délégation" à des "auxiliaires médicaux" est au demeurant la politique officielle de l’Europe en la matière. Alors se multiplient les attaques contre la psychanalyse au nom de la science mais contre la neurobiologie elle même qui a démontré que le tissu cérébral se modifiait, même macroscopiquement sous l’effet de l’activité mentale, n’en déplaise aux tenants du tout génétique !
Le service public de psychiatrie fut longtemps une fierté pour notre pays. Il était en grande partie le fruit de la Résistance et de la révolte devant les conditions faites aux malades mentaux et leur extermination. On venait de tous les coins du monde pour se former. Les services de psychiatrie (même et peut-être surtout non universitaires) accueillaient de nombreux stagiaires étrangers. L’expérience du treizième arrondissement de Paris était exemplaire. Cette époque d’après guerre a bénéficié, il est vrai, de la collaboration d’une exceptionnelle qualité entre médecins et fonctionnaires de responsabilité du Ministère et des Directions. La Commission des Maladies Mentales se réunissait et travaillait de façon positive. C’était l’époque où l’on pouvait entendre un directeur d’hôpital (ancienne manière), dire qu’il considérait que son rôle était de permettre à "ses" médecins de travailler... Un peu plus tard il aurait appris à l’Ecole Nationale de Santé à considérer qu’il était "le seul maître à l’hôpital" !

(...)

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