De la sensation à l’interprétation

par Françoise Attiba

mercredi 23 août 2017, publié par Michel Balat


De la sensation à l’interprétation

Françoise Attiba

Je travaille depuis de longues années en psychiatrie et j’ai commencé dès mes études à me former en psychanalyse. Lacan prévalait dans les années 80, j’ai donc lu les séminaires, travaillé en cartel, bossé la théorie mais j’étais très ennuyée parce que je n’arrivais pas à faire coïncider un tant soit peu tous ces concepts avec l’expérience que j’accumulais peu à peu. C’est en travaillant avec d’autres à la Criée à Reims que j’ai rencontré des soignants qui se posaient des questions quant à la psychothérapie des psychoses. Même si de moi-même par intuition mais surtout en me laissant enseigner par les patients j’avais commencé à élaborer mes propres outils, c’est surtout la rencontre avec Ferenczi, Winnicott, Searles, Benedetti et Oury qu’enfin la théorie rencontrait mon expérience avec les patients. L’interdit posé par le lacanisme sur la psychanalyse anglo-saxonne m’avait tenu éloignée de textes essentiels. On n’est jamais assez curieux et toujours trop pris par la doxa du moment. Les concepts de Réel, de jouissance sont cruciaux pour l’approche des psychoses ; mais qu’en est-il de celui de forclusion du Nom du père par exemple qui a laissé les patients psychotiques sur le bord de la route de la psychanalyse pendant tant d’années ?

Je vous ai amené de la clinique qui aborde de façon indirecte ce concept de jouissance qu’on ne peut prendre de front, car il a à voir aussi avec le corps subtil, bien que l’on puisse voir parfois une vague de jouissance désarticuler un sujet dans ce que la psychiatrie appelle les rires immotivés par exemple ; j’ai préféré nouer ce concept avec celui du transfert et parler de la jouissance sous transfert, la mienne et celle du patient.
Il est des patients, lorsque l’on travaille en psychiatrie publique qui arrivent, dans notre bureau de psy, comme dirigé par un circuit fléché, une sorte de parcours obligé, un automatisme, un prévu d’avance. C’était le cas pour Luc.

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