Plaidoyer pour une formation des infirmiers en psychiatrie et en santé mentale

par Jean-Paul Abribat, Jean-Yves Casaux et Eliane Mercier

vendredi 25 août 2017, publié par Michel Balat


Plaidoyer pour une formation des infirmiers en psychiatrie et en santé mentale

Initiative de Jean-Paul Abribat, Jean-Yves Casaux et Eliane Mercier.
Quoi qu’on pense de la réforme des études, des exigences demeurent quant à la compétence requise pour travailler auprès de personnes nécessitant des soins relevant de la santé mentale. Et ces exigences concernent la formation initiale des infirmiers, sans préjuger d’une nécessité d’approfondir ces orientations dans le cadre d’une formation continue.

La formation initiale actuelle pose la psychiatrie comme un apport optionnel ; elle élude donc, d’entrée, qu’il s’agit de mettre au centre le fait psychiatrique dans toutes ses dimensions. Il s’agit de comprendre que ce fait est saisissable d’abord dans le champ des soignants : au niveau du quotidien, du journalier, du banal et du bénin de leur travail.

Depuis la circulaire du 15 mars 1960, la pratique infirmière a largement participé à la politique de secteur, notamment pour réduire les effets iatrogènes de l’hospitalocentrisme. Actuellement, le volontarisme affiché en matière de modernisation du dispositif de soins en santé mentale trouve une traduction très claire dans les orientations de la circulaire du 14 mars 1990. C’est le centre médico-psychologique qui est le pivot du dispositif d’un secteur. Ces orientations délimitent le cadre des évolutions concernant le champ professionnel infirmier. Leur traduction dans le réel suppose que le personnel soignant, en particulier les infirmiers, en soit l’artisan au quotidien notamment pour :

participer à la diversification des pôles d’activités sans que cette diversification entraîne cloisonnement et étanchéité pour les patients comme pour le personnel ;
garantir la continuité des soins en assurant la permanence et la cohérence des prestations dans la double dimension d’un accompagnement clinique et social, respectant la spécificité de l’un et de l’autre et visant à les articuler.

Relativement aux contenus de formation, une formation en soins psychiatriques ne peut faire l’impasse sur sa position épistémologique à propos de la maladie mentale et du statut du Sujet. Ceci veut dire : - que l’abord du symptôme doit être envisagé dans la spécificité qu’il a dans le champ psychiatrique ; - que l’abord de la situation de soins ne peut se faire sans son appréhension dans le champ social qui détermine, d’une certaine manière, le soignant et le soigné comme des acteurs sociaux.

Relativement aux démarches formatives, il faut que la formation prenne en compte et indue dans son processus la question des obstacles à l’appropriation des connaissances et au changement.

1.Eugène Enriquez- la Formation permanente. préface. Encyclopedie du savoir moderne. 1975. p. 16. D’où une logique pédagogique qu’il ne faut centrer ni sur l’objet de connaissance en soi ni sur la seule affectivité du sujet, mais bien -sur des situations concrètes mettant en œuvre l’individu réel, avec son inconscient, ses projets, ses attaches sociales, son statut, son rapport aux autres, au groupe et à son travail, ainsi qu’en témoigne Eugène Enriquez.(1) D’où, les réquisits essentiels suivants.

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